Inversion du pipeline 9B - Le ministre Blanchet critique le processus de consultation «restrictif» d’Ottawa

Yves-François Blanchet
Photo: - Le Devoir Yves-François Blanchet

Le processus de consultation mené par l’Office national de l’énergie pour le projet d’Enbridge de transporter du pétrole par oléoduc jusqu’à Montréal est « restrictif », selon le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. Québec promet de mener une consultation qui permettra à davantage d’intervenants de participer.

« Je constate que, pour des gens habitués à la formule très ouverte du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement du Québec, l’Office national de l’énergie a un petit côté restrictif, un petit côté sévère par rapport à la façon dont on peut aller s’y exprimer », a fait valoir mercredi le ministre Yves-François Blanchet.

Selon les règles fixées par l’Office, toute personne ou groupe qui souhaite participer aux audiences sur le projet d’inversion du pipeline 9B, ou soumettre une simple lettre de commentaires, doit remplir un formulaire de 10 pages. Il faut par exemple justifier la « pertinence » des informations qui seront présentées ou encore expliquer en quoi le projet nous affecte directement. Le tout doit être parvenu à l’Office et à Enbridge le 19 avril. L’organisme fédéral décidera ensuite qui peut participer aux audiences. Et il n’est pas permis de discuter des impacts environnementaux des sables bitumineux.

Le ministre Blanchet a dit vouloir présenter une formule plus inclusive que celle instaurée par le gouvernement Harper. « Je veux m’assurer que tous les groupes québécois qui auront la volonté de s’exprimer pourront le faire librement. » Il s’est engagé à réduire au minimum les restrictions pour les participants. « La démocratie et les pratiques au Québec sont telles qu’on veut que tout le monde puisse s’exprimer. »
 
Pas de détails

Mais Québec n’a toujours pas annoncé quelle forme prendra sa consultation. M. Blanchet a répété que le tout sera annoncé « sous peu », mais sans donner plus de détails. Le ministre ne s’est pas engagé à mandater le Bureau d’audiences publiques pour évaluer ce projet qui permettrait de faire couler quotidiennement 300 000 barils de pétrole brut, notamment albertain, jusque dans l’est de Montréal. Impossible aussi de savoir si le gouvernement Marois étudiera la question de l’exploitation des sables bitumineux, contrairement à Ottawa. Le cabinet de M. Blanchet n’a pas rappelé Le Devoir mercredi.

Enbridge a dit mardi qu’elle renforcera ses équipements de sécurité sur son réseau canadien de pipelines, jugés non conformes par l’Office national de l’énergie.

 
Avec Jessica Nadeau

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