L’inversion du flux de pipelines comporterait des risques

N’en déplaise aux partisans de l’inversion du flux de pipelines afin d’amener du pétrole albertain au Québec, il semble bien que cette opération puisse représenter un risque environnemental, selon l’organisme fédéral américain chargé de veiller à la sécurité du transport par oléoduc.


La Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration (PHMSA) a envoyé cette semaine un avis à Exxon Mobil, qui opère un pipeline qui s’est rompu en Arkansas vendredi dernier, laissant fuir plus de 3500 barils de brut albertain dans un secteur résidentiel. L’avis en question précise notamment que la pétrolière, qui n’en était pas à son premier déversement, ne pourra recommencer à utiliser son pipeline avant que l’agence ne soit satisfaite des réparations et soit assurée que l’utilisation du tuyau ne présente plus de risques.


Mais l’organisme rappelle surtout que le flux dans cet oléoduc a été inversé en 2006. Or, affirme la PHMSA, « un changement dans la direction du flux peut affecter les forces hydrauliques et la pression dans le pipeline ». Un point de vue que tentent de faire valoir les groupes écologistes au Québec au sujet du projet de Enbridge d’inverser le flux dans son pipeline 9B, qui part du sud de l’Ontario pour se rendre à Montréal. L’entreprise albertaine espère l’utiliser pour amener ici du pétrole tiré des sables bitumineux, et ce, afin d’alimenter les deux raffineries du Québec.

 

Municipalités québécoises


Enbridge espère aussi augmenter la pression dans le tuyau afin de faire passer son débit de 240 000 à 300 000 barils de brut par jour. L’entreprise a offert différents cadeaux à des municipalités québécoises traversées par son oléoduc. Le projet est actuellement étudié par l’Office national de l’énergie (ONE). Lors d’une récente rencontre d’information tenue par l’organisme, un de ses porte-parole a affirmé qu’« une fuite de pipeline, ce n’est pas nécessairement une catastrophe ».


Pour des groupes comme Greenpeace ou Équiterre, la démarche de l’ONE n’est pas suffisante pour étudier ce projet. Mais Québec n’a toujours pas précisé quelle forme prendra l’évaluation que le gouvernement Marois entend mener de ce projet.


Une autre entreprise, TransCanada, souhaite convertir un gazoduc actuellement sous-utilisé en oléoduc pour transporter jusqu’à 850 000 barils de brut par jour à travers le territoire québécois. L’objectif est de desservir les Maritimes et possiblement le marché américain.

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