TransCanada - Pas de BAPE au programme

Le ministre Yves-François Blanchet a admis que l’annonce de TransCanada mardi « n’est pas vraiment une surprise ».
Photo: - Le Devoir Le ministre Yves-François Blanchet a admis que l’annonce de TransCanada mardi « n’est pas vraiment une surprise ».

« Je ne vous dis pas qu’il y aura des études du BAPE », a affirmé mercredi le ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet. Selon lui, il est encore trop tôt pour statuer sur la forme que prendra l’évaluation de ce projet de transport de pétrole des sables bitumineux. Il a du même coup admis que l’annonce qu’a faite TransCanada mardi « n’est pas vraiment une surprise. On savait tous que ça s’en venait. »

Le ministre a toutefois promis des « études approfondies » et une « réflexion » avant de statuer si le gouvernement péquiste autorise ce projet pour lequel la première ministre Pauline Marois a déjà démontré son ouverture. « Je suppose que la technologie existe pour adapter les structures si tant est que ce soit notre volonté », a ajouté M. Blanchet, au cours d’un point de presse tenu en marge de l’annonce des activités du Jour de la Terre. Il n’a pas précisé de délai pour une décision dans ce dossier. Même si Ottawa estime que les projets interprovinciaux de transport d’énergies fossiles sont de sa juridiction, le ministre croit en la possibilité de collaborer.

Il a par ailleurs réitéré sa volonté de dévoiler sous peu la forme que prendra l’évaluation québécoise du projet d’inversion du pipeline 9B de Enbridge, qui doit permettre d’acheminer quotidiennement 300 000 barils de pétrole brut à Montréal. « Ça avance vite et intensément », a-t-il dit.

Mais l’arrivée au Québec de pétrole issu des sables bitumineux, réputé plus carbo-intensif que le pétrole conventionnel, pourrait-elle compromettre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre ? « Si on travaille de façon exemplaire, avec les meilleures technologies, nous sommes capables de tirer un avantage de ce type de situation, a répondu M. Blanchet. L’oléoduc en soi est un mode de transport qui a moins d’impacts en matière de gaz à effet de serre que d’autres types de transport qui sont utilisés. C’est aussi dans la capacité du Québec de s’orienter vers l’indépendance énergétique qu’il faut envisager ces différents outils. »

Sa collègue des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ne partage pas cet avis. « Au Québec, nous avons une très grande préoccupation quant à la diminution des gaz à effet de serre, a-t-elle dit au Devoir. Je comprends que les gaz à effet de serre sont produits en Alberta, mais on ne peut pas ignorer qu’il y a une différence importante de production des gaz à effet de serre en fonction de la production de pétrole non conventionnel. Il y a une réflexion en cours de ce qui pourrait être fait pour savoir comment on va répondre à cela. »

 

Avec Jessica Nadeau

À voir en vidéo