Ottawa refuse d’interdire le commerce d’ours polaires

On retrouverait entre 20 000 et 28 000 ours polaires à travers le monde, dont les deux tiers en sol canadien.
Photo: Agence France-Presse (photo) Paul J. Richards On retrouverait entre 20 000 et 28 000 ours polaires à travers le monde, dont les deux tiers en sol canadien.

Le Canada a refusé jeudi d’appuyer une proposition internationale qui aurait permis d’interdire le commerce des ours polaires et des produits dérivés de cette espèce de plus en plus menacée en raison de la fonte des glaces provoquée par les changements climatiques.


L’idée a été suggérée par les États-Unis dans le cadre de la rencontre annuelle des États membres de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. En fait, les représentants américains présents à Bangkok auraient souhaité que les peaux d’ours polaires, les têtes et les autres produits dérivés de leur chasse se retrouvent dans la même catégorie que l’ivoire des éléphants africains. Ces produits peuvent se vendre plusieurs milliers de dollars.


Toutefois, seulement 38 délégués ont voté pour la suggestion, contre 42 qui ont voté contre et 46 qui se sont abstenus. Le Canada, l’Union européenne et la Norvège sont au nombre des opposants à cette mesure. Ottawa a affirmé qu’un interdit commercial ne réduirait pas le nombre d’ours abattus lors de chasses traditionnelles ou sportives.


On retrouverait entre 20 000 et 28 000 ours polaires à travers le monde, dont les deux tiers en sol canadien. Washington estime que les changements climatiques menacent l’habitat des ours et que des mesures anticipées sont nécessaires pour les protéger.


Plusieurs scientifiques sont aussi de cet avis. En fait, la situation est à ce point dramatique que certains experts jugent nécessaire de poser des gestes radicaux. Ils proposent notamment d’envisager de distribuer des phoques prêts à manger aux ours dans la nature, de les parquer dans des centres animaliers durant l’été ou encore d’en euthanasier certains.


En dernier recours, les zoos pourraient bien devenir le dernier refuge de ces animaux. On pourrait ainsi protéger une petite partie du bagage génétique de l’espèce, mais dans un cadre totalement artificiel.


 

Avec l’Associated Press

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