Sutton - Manifestation contre le «pétrole sale» albertain

Des membres du groupe Équiterre, Greenpeace, de comités locaux d’environnement et diverses personnalités publiques associées à la Coalition Eau Secours ont convergé vers ce petit village situé tout près de la frontière américaine.


Ces militants craignent de voir ressurgir une version atténuée du défunt projet Trailbreaker de la pétrolière Enbridge. L’entreprise voulait renverser le sens d’écoulement des oléoducs Sarnia-Montréal et Montréal-Portland. Cette inversion aurait permis de percer et d’obtenir de nouveaux débouchés notamment auprès de grandes raffineries américaines.


Pour mener à bien cette initiative, une station de pompage devait être construite à Dunham en Montérégie sur le tronçon de l’oléoduc entre Montréal, au Québec, et Portland, dans le Maine. Cette construction a été contestée et empêchée dans un jugement reconfirmé par la Cour du Québec.


Enbridge récidive


Le projet Trailbreaker a été mis en veilleuse, mais voilà qu’Enbridge a déposé une nouvelle demande auprès de l’Office national de l’énergie (ONE). La pétrolière a même obtenu le feu vert pour le renversement d’une partie du pipeline situé en territoire ontarien entre Sarnia et Westover. Les plans d’Enbridge sont de mettre en valeur ensuite la portion entre Westover et Montréal.


Enbridge maintient toujours que son intention n’est pas de réactiver le projet Trailbreaker et que ses investissements de 3 milliards de dollars, annoncés en mai 2012 pour réactiver ses oléoducs et acheminer le pétrole de l’Ouest canadien vers les raffineries de l’Est, font partie d’une initiative distincte.


Équiterre n’y voit qu’une stratégie pour faire graduellement ce que la pétrolière n’a pu faire directement. Le morcellement des tronçons et l’obtention des approbations amènent ainsi tranquillement le pétrole de l’Ouest vers Montréal.


La manifestation de Sutton s’inscrit dans une logique de refus de faire de Montréal une portée d’entrée pour un éventuel prolongement du projet plus loin au Québec.


En février, Équiterre tiendra deux séances d’information publiques sur l’arrivée des sables bitumineux au Québec. La première se déroulera le 6 février au Centre Roussin à Montréal et la seconde à l’hôtel de ville de Saint-Césaire, en Montérégie, le 11 février.

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