Uranium - L’heure est au moratoire, soutiennent des écologistes

Christian Simard, porte-parole de Québec meilleure mine (QMM), a dressé ce constat à la lumière d’une procédure judiciaire intentée la semaine dernière contre le gouvernement par une entreprise minière. « Ce à quoi on s’attend, et plus tôt que tard, je pense que la table est mise pour ça, c’est un BAPE générique sur l’uranium », a-t-il dit en entrevue lundi.


Ressources Strateco a déposé jeudi dernier un recours devant un tribunal pour obliger le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, à décider si son projet d’uranium de Matoush, au nord de Chibougamau, peut aller de l’avant.


L’entreprise souhaite aussi que la Cour supérieure annule une condition fixée pour la délivrance des autorisations nécessaires à son projet Matoush, soit d’obtenir le consentement des cris de Mistissini.


M. Simard, aussi directeur de Nature Québec, considère qu’avec son « activisme juridique », l’entreprise nuit à sa cause. « Je pense que le gouvernement est blindé et je pense qu’il est inattaquable s’il va en évaluation environnementale [générique] », a-t-il dit.

 

Évaluation du BAPE?


Selon lui, le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) devrait être mandaté pour l’examen complet de la filière de l’uranium et ainsi déterminer s’il faut aller de l’avant avec le projet de Strateco et les autres qui pourraient suivre. QMM, une coalition d’organismes favorables à un moratoire permanent sur l’uranium, croit qu’un moratoire temporaire devrait être instauré durant l’évaluation du BAPE. « Pour faire un BAPE générique correct, ça prend un temps d’arrêt, un moratoire temporaire, a dit M. Simard. Il n’est pas question d’envoyer deux messages contradictoires, c’est-à-dire pendant que le BAPE étudie, on autorise de l’exploration. »


L’automne dernier, l’ex-ministre de l’Environnement, Daniel Breton, avait indiqué que la filière de l’uranium devrait être soumis à une évaluation du BAPE. Cette opinion avait suscité des craintes de moratoire dans le secteur minier.


Le cabinet de M. Blanchet, qui a succédé en novembre à M. Breton, a déclaré lundi qu’aucune décision n’a été prise. L’attachée de presse Catherine Salvail a affirmé que « plusieurs scénarios font présentement partie des réflexions », que ce soit du côté du BAPE ou d’une Évaluation environnementale stratégique sur l’uranium.

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