Rapport du Conference Board - Le Canada, cancre en environnement

Vue nocturne de l’extraction des sables bitumineux à Fort McMurray, en Alberta. En matière d’énergie, le Canada se situe au dernier rang des pays évalués par le Conference Board en raison de sa consommation totale.
Photo: Agence France-Presse (photo) Mark Ralston Vue nocturne de l’extraction des sables bitumineux à Fort McMurray, en Alberta. En matière d’énergie, le Canada se situe au dernier rang des pays évalués par le Conference Board en raison de sa consommation totale.

Un rapport du Conference Board qui doit être rendu public jeudi fait très mal paraître le Canada dans le domaine environnemental. En effet, le pays se classe au 15e rang des 17 pays développés évalués par l’organisme.

« Notre vaste territoire, notre climat froid et notre économie très tournée vers les ressources nous désavantagent en ce qui a trait à certains indicateurs de développement durable, mais plusieurs de nos mauvais résultats sont basés sur notre utilisation inefficace de nos ressources », résume dans le rapport Len Coad, directeur, Énergie, environnement et technologie, au Conference Board.


Le document, consulté par Le Devoir, indique en effet que le Canada produit énormément de déchets, soit près de 780 kilogrammes par habitant chaque année. Ce chiffre se situe bien au-delà de la moyenne des États évalués, soit 578 kilogrammes. Qui plus est, la vaste majorité des rebuts générés se retrouvent dans les sites d’enfouissement ou bien sont incinérés.


En matière d’énergie, le Canada se trouve aussi en mauvaise posture. Il se situe au 17e rang en raison de sa consommation totale. Les auteurs du rapport soulignent cependant que l’« intensité » de la consommation énergétique a été réduite de plus de 20 % depuis 20 ans. Mais, insistent-ils, « malgré certaines améliorations, les Canadiens demeurent les plus grands utilisateurs d’énergie du monde développé ».


Les émissions de gaz à effet de serre (GES) par habitant dépassent largement la moyenne des États développés et les émissions totales du Canada ont augmenté de 17 % depuis 1990. Qui plus est, le gouvernement conservateur a décidé de rejeter le traité de Kyoto, seul outil international contraignant destiné à réduire la production de GES.


Les Canadiens sont en outre d’énormes consommateurs d’eau. La moyenne par habitant représente plus du double de celle des autres pays pris en compte dans le rapport du Conference Board. Par exemple, les citoyens d’ici utilisent neuf fois le volume d’eau consommé annuellement par ceux du Danemark.


Avec sa 15e position, le Canada devance seulement l’Australie et les États-Unis. « Ces trois pays sont similaires, fait toutefois valoir le Conference Board. […] Ils sont les trois utilisateurs de ressources les plus intensifs parmi tous les membres de l’OCDE. »

À voir en vidéo