L’industrie du schiste tend la main à Québec

L’industrie des gaz de schiste tend la main à Québec dans l’espoir de « renouer un dialogue véritable avec le gouvernement », a déclaré hier au Devoir le porte-parole de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard, qui a confirmé qu’à sa connaissance, personne du côté des industriels et de l’association qu’il représente ne se prépare à un affrontement juridique.

« On ne parle pas tous les jours à toutes les compagnies, a précisé M. Bouchard. Mais je n’ai pas entendu la moindre expression chez nos membres d’une volonté de poursuites juridiques. On essaie plutôt de renouer le dialogue avec le gouvernement, car nous croyons utile de poursuivre les études en cours présentement ainsi que le travail amorcé sur l’acceptation sociale » de cette filière énergétique.

 

Des décisions raisonnées


Sur un ton sobre qui tranchait avec de récents propos plus lapidaires sur les politiques du gouvernement Marois, Lucien Bouchard rappelle que l’industrie a accepté les nouvelles règles du jeu dans le dossier des gaz de schiste afin que se prennent des « décisions raisonnées », selon ses mots.


Il fait référence ici aux travaux de recherche lancés dans le cadre d’une évaluation environnementale stratégique (EES) controversée, qui a été confiée à un comité placé sous l’autorité du ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP). Cette étude controversée se poursuit pendant qu’un moratoire législatif limite les travaux sur le terrain à des activités d’exploration, y compris des forages, à l’exception toutefois de toute opération de fracturation hydraulique. Depuis l’adoption de cette loi, aucun projet n’a vu le jour malgré les possibilités encore offertes aux industriels.


« Nous, on veut coopérer. On n’a jamais provoqué de rupture », ajoute l’ancien premier ministre qui reconnaît au gouvernement la possibilité de réorienter un pareil dossier d’autant plus que ce dernier, reconnaît-il, est très complexe.


Mais on sent poindre une réelle inquiétude dans ses propos. « Est-ce qu’on va respecter les échéances » des travaux amorcés, se demande Lucien Bouchard ?


Quant aux industriels, il affirme qu’ils sont « prêts à participer très positivement aux travaux en cours pour qu’ils puissent déboucher sur des conclusions rationnelles, pas à des interdits de but en blanc ou à des fins de non-recevoir ».


Dans les milieux environnementaux, citoyens et universitaires opposés à l’exploitation des gaz de schiste, on estime que les travaux de l’EES sont plus près d’une étude d’impacts et qu’il faut revoir toute la gestion de ce dossier. Certains plaident pour un moratoire immédiat et permanent. Mais pour y arriver, le gouvernement devra présenter un projet de loi dont l’issue est incertaine parce qu’il n’a pas la majorité des voix en Chambre.

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