Les compteurs intelligents sont sans danger, affirme le ministère de la Santé

Après avoir exprimé haut et fort leur désaccord lors d’une manifestation devant les bureaux de la Régie de l’énergie en mars, les opposants aux compteurs intelligents récidivent en lançant une campagne d’envoi de mise en demeure demandant le retrait des compteurs intelligents.
Photo: - Le Devoir Après avoir exprimé haut et fort leur désaccord lors d’une manifestation devant les bureaux de la Régie de l’énergie en mars, les opposants aux compteurs intelligents récidivent en lançant une campagne d’envoi de mise en demeure demandant le retrait des compteurs intelligents.

Le directeur national de la Santé publique et sous-ministre adjoint à la Santé et aux Services sociaux (MSSS), André Poirier, a avisé au début du mois la Régie de l’énergie qu’il entendait faire témoigner une de ses chercheuses pour expliquer que les compteurs intelligents dotés d’émetteurs WiFi sont sans danger, comme il l’affirme dans un récent « Avis de santé publique ».

Le sous-ministre précise explicitement que son avis non sollicité par la Régie se veut « en lien » avec le témoignage du Dr David Carpenter, ancien responsable de la Santé publique de l’État de New York et une autorité scientifique d’autant plus controversé qu’il s’attaque, dit-il lui-même, au statu quo en matière de radiofréquences (RF).


Le Dr Carpenter a témoigné hier pour la deuxième journée consécutive devant la Régie. Il a maintenu son point de vue malgré un laborieux contre-interrogatoire d’Hydro-Québec qui l’a obligé à nuancer certaines affirmations de son rapport. Il a conclu son témoignage en disant qu’Hydro-Québec devrait remplacer ses compteurs dotés d’émetteurs RF par des appareils capables de communiquer par fil ou très rarement par RF en application du principe de précaution.


Dans son courriel adressé à la Régie de l’énergie le 4 mai, le sous-ministre Poirier ne demande pas, mais l’informe que « notre personne-ressource sera Mme Monique Beausoleil, toxicologue ». Il précise sur le même ton : « Veuillez nous transmettre en copie conforme l’invitation que vous ferez parvenir à Madame Beausoleil. » Puis il s’offusque de voir que son avis avait été placé sous la rubrique « Observations » de la Régie et « demande ainsi de le retirer et de le présenter plutôt sous une rubrique plus visible. »


La Régie a accepté le même jour de faire témoigner la représentante du gouvernement.


Dans son « avis de santé publique » du 16 mars, on peut lire que le MSSS, « en collaboration avec les directeurs de santé publique des agences de la santé et des services sociaux, tient à informer la population que les RF émises par ces appareils ne posent pas de risques pour la santé ».


Pourtant en 2006, l’Institut national de santé publique (INSPQ) prônait plutôt « la réduction et l’élimination des risques tant dans un contexte de relative certitude que d’incertitude scientifique », une application classique du principe de précaution. L’organisme scientifique ajoutait que « l’étude des possibilités techniques et économiques de réduction de ces sources doit être poursuivie ». L’avis de l’INSPQ s’appliquait à tous les champs électromagnétiques (CEM), y compris les RF, même si, reconnaissait le document public, « le niveau de risque associé à l’exposition aux CEM pour l’ensemble de la population, s’il est réel, s’avère faible » sauf cependant pour quelques groupes « plus exposés ».


Mais le tout récent avis de santé publique, qui sera présenté la semaine prochaine en renfort du point de vue d’Hydro-Québec, n’a pas convaincu certains adversaires du projet. En effet, hier, en conférence de presse, le comité de citoyens Villeray-Refuse a publié trois lettres types qu’on invite tous les citoyens du quartier à signer afin de mettre Hydro-Québec en demeure de débrancher les compteurs-émetteurs déjà installés dans le cadre des trois projets pilotes qui touchaient notamment ce quartier montréalais.

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