300 000 véhicules électriques sur nos routes d'ici 2020 - Pierre Arcand se défend d'être trop optimiste

Pierre Arcand
Photo: - Le Devoir Pierre Arcand

Malgré les critiques formulées à l'égard du Plan d'action mis en avant par le gouvernement Charest, Québec a bon espoir de pouvoir faire passer le parc de véhicules électriques de la province de quelques centaines à plus de 300 000, et ce, d'ici huit ans. C'est du moins ce qu'a soutenu hier le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs à la tribune de l'Association de l'industrie électrique du Québec.

Pierre Arcand a ainsi répété, lors de son allocution, que le «Plan d'action sur les véhicules électriques» conduirait à «un changement en profondeur de notre attitude au regard de nos déplacements personnels». «En 2020, grâce à ce plan d'action, on estime que 300 000 véhicules électriques circuleront sur nos routes. Cela se traduira, annuellement, par une diminution de nos émissions de gaz à effet de serre d'environ 900 000 tonnes», a-t-il assuré après avoir été présenté par un membre de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton.

Bien qu'ils marqueraient un virage majeur dans le parc automobile, ces centaines de milliers de véhicules ne représenteraient qu'environ 5 % du parc automobile du Québec. Et pour le moment, les ventes annuelles se calculent en dizaines. D'où l'idée de Québec de lancer, notamment avec les municipalités, des appels d'offres pour l'acquisition de 400 véhicules électriques au cours de la présente année. Des dizaines de millions de dollars en investissements devraient suivre au cours des prochaines années pour stimuler le marché, selon ce qu'ont annoncé les libéraux en avril 2011.

Le ministre Arcand croit qu'avec les différents investissements prévus le Québec pourra atteindre l'objectif des 300 000 véhicules en 2020. «Il est difficile de prédire l'avenir. Il faut aussi être aidés par l'amélioration de la technologie. Mais je pense que c'est réaliste dans les circonstances», a-t-il soutenu au Devoir. À ce moment, si tout se passe comme prévu pour le gouvernement, «le quart des ventes annuelles» sera constitué de véhicules électriques.

La conjoncture devrait aussi aider. Pierre Arcand a aussi dit qu'en raison du resserrement de la réglementation sur les émissions de gaz à effet de serre dans différentes juridictions, les constructeurs automobiles subissent «beaucoup de pression» pour développer des modèles électriques ou encore hybrides.

Plusieurs analystes ont fait part de leur scepticisme quant aux objectifs de Québec depuis l'annonce de son «Plan d'action». Un homme d'affaires qui oeuvre de près avec l'industrie du transport électrique a également dit hier qu'au-delà des bonnes intentions, les objectifs apparaissent à peu près irréalisables. «Il devrait y avoir une bonne impulsion de donnée en 2020, mais il n'y aura pas 300 000 véhicules. Ce n'est pas possible», a-t-il dit sous le couvert de l'anonymat. Selon ce qu'il a expliqué, le Québec ne constitue pas un marché suffisamment important pour intéresser l'industrie qui rend l'utilisation des véhicules électriques possible. Notre situation nordique présenterait également des défis importants quant à la conception des batteries et à leur fonctionnement.

Quoi qu'il en soit, le ministre Arcand a assuré que son gouvernement voulait aller plus loin que le plan actuellement prévu. La chose est d'autant plus nécessaire que le secteur du transport est responsable de 43 % des émissions de gaz à effet de serre au pays. Au Canada, en 2011, pas moins de 1,6 million de véhicules neufs ont été vendus. Ceux-ci fonctionnent, pour l'essentiel, grâce aux énergies fossiles.

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