Conférence de Durban - La Chine demande au Canada de clarifier sa position sur Kyoto

Pour la Chine, le retrait anticipé du Canada du protocole de Kyoto «va assurément constituer un obstacle dans les négociations» en vue d'en arriver à une entente internationale à Durban, en Afrique du Sud, sur le contrôle des changements climatiques.

C'est ce que rapportait hier l'agence de nouvelle chinoise Xinhua, qui citait les propos du chef de la délégation chinoise et responsable des négociations sur le climat pour son pays, Su Wei.

Ce dernier a ajouté que, si des signataires de Kyoto se retirent du processus visant sa prolongation dans une deuxième phase, cela minera la volonté d'un grand nombre d'autres pays de lutter contre les changements climatiques.

Le chef de la délégation chinoise a de plus précisé qu'il attend du Canada que ses porte-parole précisent clairement les intentions canadiennes au cours de la conférence et pas seulement après. Jusqu'à présent, dit-il, son pays a dû se contenter des rapports des médias sur cette question.

Les médias rapportent depuis plusieurs jours que le gouvernement Harper annoncera le 23 décembre, soit après la conférence de Durban, qu'il se retirera du protocole de Kyoto à l'expiration de la première période de réduction de gaz à effet de serre, soit le 31 décembre 2012.

En vertu de la réglementation de Marrakech, adoptée lors de la conférence de Montréal en 2005, un pays membre du protocole doit donner un avis d'un an pour s'en retirer. Cependant, le retrait du Canada d'une éventuelle deuxième phase n'élimine pas les engagements légaux contactés dans la première phase, selon le droit international.

Le Canada est membre depuis des années du groupe parapluie qui regroupe la Russie, le Japon et l'Australie dans les négociations sur le climat. Jusqu'ici, la Russie et le Japon ont manifesté leur intention de ne pas s'engager dans une deuxième phase, mais à Durban, plusieurs disent que c'est pour obtenir un fardeau moindre de réductions d'ici 2020 en échange de leur adhésion.

D'autre part, les pays africains ont publié un rapport qui démontre que les Occidentaux ne respectent ni la lettre ni l'esprit des engagements financiers de Copenhague en 2009. Des 29,2 milliards promis alors, de 2,8 à 7 milliards seulement apparaissent comme de l'argent frais, qui ne serait pas une réallocation d'au-tres volets de l'aide extérieure. Et seulement 7 % de l'argent promis a été déboursé jusqu'ici.

De plus, affirme le rapport, les pays occidentaux attribuent leur aide à 62 % à la réduction des émissions de GES africaines plutôt que de financer l'adaptation de ces pays pauvres aux impacts d'un problème environnemental qu'ils n'ont pas créé. Le coût de cette adaptation, disent-ils, devrait être totalement assumé par les responsables historiques du problème, y compris les États-Unis, premiers responsables historiques, qui devraient aussi avoir un fardeau de réduction équivalent à celui des autres pays occidentaux, dans ou en dehors de Kyoto.

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Les Fossiles du jour

Le Canada s'est vu octroyer hier un troisième Fossile du jour en marge de la conférence de Durban sur le climat parce que le Réseau Action Climat international estime qu'il a «insulté» les pays pauvres de la planète en disant qu'ils exigent un «paiement de culpabilité» dans toute entente internationale. C'est la façon du ministre Kent d'interpréter la règle de la convention de Rio sur le climat, à laquelle le Canada adhère toujours, qui repose sur le principe de la «responsabilité commune mais différenciée». Hier, la Pologne a reçu son premier Fossile du jour «pour faire passer le charbon devant le climat» dans ses politiques internes.

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