Sondage Senergis-Le Devoir - Les Québécois prêts à une petite révolution verte

Un homme recharge une voiture électrique Mitsubishi iMiEV sur une borne extérieure.
Photo: Source Hydro-Québec et Jacques Grenier - Le Devoir Un homme recharge une voiture électrique Mitsubishi iMiEV sur une borne extérieure.

Le marché de l'automobile entre dans un cycle de profonde mutation, alors que les citoyens affichent un intérêt de plus en plus marqué envers les voitures hybrides et électriques. Selon un sondage Senergis-Le Devoir, les consommateurs s'attendent d'ailleurs à une petite révolution verte durant la prochaine décennie, alors que pas moins de 60 % des Québécois pensent qu'ils vont conduire une auto hybride ou électrique d'ici 10 ans.

Lorsque la firme de sondage a demandé à 1000 personnes quel type de voiture elles pensent conduire dans 10 ans, 35 % ont répondu une voiture hybride, alors que 25 % ont choisi l'auto tout électrique, qui arrive sur le marché cette année. À peine 17 % des citoyens estiment que la bagnole à essence, qui domine outrageusement le marché actuellement, sera leur moyen de transport dans 10 ans. Près de 23 % ont répondu «autre» ou ont dit ne pas savoir quoi répondre.

«Les gens cherchent une solution de rechange à l'auto traditionnelle, notamment en raison des prix de l'essence, qui sont élevés et qui vont probablement continuer à grimper. L'environnement joue aussi un rôle, explique Daniel Lemieux, associé chez la firme de sondage Senergis. C'est révélateur. Les gens anticipent une mutation de grande ampleur dans le domaine de l'automobile.»

L'enthousiasme des consommateurs se reflète aussi à court terme, particulièrement du côté des hybrides. À la question «Si vous deviez acheter un véhicule neuf d'ici six mois, est-ce que vous prendriez en considération un véhicule hybride?», 24 % ont répondu «certainement», alors que 29 % ont dit «probablement». Ils sont 36 % à refuser de considérer cette possibilité et 11 % à ne pas savoir. La raison évoquée pour ne pas penser à une hybride? Le prix élevé, affirment 56 % des gens qui ont dit ne pas considérer cette possibilité.

Daniel Lemieux reconnaît qu'une tranche de la population a répondu par l'affirmative pour se donner bonne conscience. Après tout, personne n'est contre la vertu. N'empêche, dit M. Lemieux, si on élimine la proportion de gens qui ont répondu «probablement», soit la tranche la plus molle du sondage, il reste tout de même 24 % de gens qui ont dit «certainement» vouloir considérer une hybride lors du prochain achat, soit une personne sur quatre. «C'est beaucoup. On voit que la graine qui a été plantée il y a cinq ou six ans, lors du débarquement des hybrides sur le marché, a pris racine. Ce n'est plus une voiture de niche, destinée aux écolos avant-gardistes. L'hybride fait partie de la réflexion normale», dit M. Lemieux.

Dans ce créneau, les marques japonaises se démarquent, alors que 51 % des gens ont répondu spontanément que Toyota et Honda sont les chefs de file. Ford, avec 18 %, est le constructeur nord-américain le mieux classé, devant GM (3 %).

Les voitures électriques suscitent la curiosité

Du côté des voitures électriques, qui commencent leur production cette année, près de 35 % des gens disent qu'ils vont considérer ce type de véhicule lors du prochain achat (12 % disent «certainement» et 23 % «probablement»). Ils sont 51 % à ne pas l'inclure dans leur réflexion. Pourquoi? Le prix élevé, une technologie trop récente, une autonomie restreinte et un climat québécois mal adapté au produit sont les raisons évoquées par les répondants au sondage.

Le coup de sonde montre que les habitants de Montréal et de Québec sont plus favorables aux voitures électriques que les gens qui résident à la campagne. «Pour l'instant, ce type de véhicule est associé à un mode de vie urbain, où les voitures sont petites», affirme Daniel Lemieux.

Néanmoins, il y a un appétit pour en savoir plus, dit-il, pointant le fait qu'une personne sur trois affirme considérer ce véhicule. «Ça arrive à peine sur le marché, alors on peut dire que l'opinion est positive. L'expérience des premiers conducteurs va être importante pour dicter la force du produit à court et moyen terme», dit M. Lemieux.

Toutes les questions du sondage et les résultats sont disponibles dans un document PDF sur notre site Internet. Le sondage Senergis a été réalisé avec un panel Web selon une méthodologie fiable, entre le 17 et le 19 décembre 2010 auprès de 1000 répondants. La marge d'erreur d'un échantillon probabiliste de la même taille est de 3,1 %,

19 fois sur 20. Les résultats ont été pondérés selon l'âge, le sexe, la langue et la composition du foyer.

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