Un contrat de 3 milliards pour Bombardier

Le contrat en Allemagne rapportera à Bombardier 1,8 milliard, mais sa valeur pourrait atteindre 3 milliards.
Photo: Agence France-Presse (photo) Christof Stache Le contrat en Allemagne rapportera à Bombardier 1,8 milliard, mais sa valeur pourrait atteindre 3 milliards.

Bombardier a annoncé hier la conclusion d'un partenariat avec Siemens pour la construction de trains à grande vitesse en Allemagne qui pourrait lui rapporter jusqu'à 3 milliards. La multinationale québécoise dit aussi continuer de suivre de près les milliards promis par l'administration Obama pour des projets semblables aux États-Unis.

Le nouvel accord-cadre de partenariat intervenu avec le géant allemand vaut, d'entrée de jeu, à la division Transport de Bombardier une première commande ferme de 1,8 milliard $US pour 130 trains destinés à la Deutsche Bahn. La compagnie ferroviaire allemande prévoit déjà passer à Siemens une deuxième commande de 90 autres trains pour un total de 220 trains qui rapporteraient, en tout, 3 milliards à Bombardier. L'accord-cadre comprend aussi une option pour un maximum de 80 trains supplémentaires que l'exploitant allemand pourrait commander d'ici 2030.

Fabriqués à partir de l'an prochain, les trains ICx se veulent «novateurs et polyvalents». Bombardier sera notamment chargée de l'aérodynamique des trains, de la caisse de carrosserie des voitures et des bogies, tous censés contribuer à réduire le bruit et la consommation d'énergie ainsi qu'à augmenter le confort et la rentabilité. Ces contrats seront réalisés dans trois de ses six usines en Allemagne, soit celles de Görlitz, d'Hennigsdorf et de Siegen.

Pluie d'argent aux États-Unis

Bombardier s'intéresse également de près à ce qui se passe aux États-Unis depuis quelque temps.

Washington a annoncé hier l'investissement de 2 milliards dans le financement de trains à haute vitesse, notamment dans le réseau très chargé du nord-est du pays, mais aussi dans le Midwest ainsi qu'en Californie. Cet argent doit être versé à 15 États ainsi qu'à la compagnie ferroviaire Amtrack qui décideront par la suite avec quelles compagnies ils entendent faire affaire. Cette annonce porte à 5,8 milliards le total des montants alloués jusqu'à présent en vertu d'une enveloppe globale de 10,1 milliards promise par l'administration Obama dans le cadre d'un plan visant à connecter 80 % des Américains à des lignes à grande vitesse d'ici 25 ans.

Cet «investissement sans précédent [...] va aider à s'assurer que l'Amérique est équipée pour l'avenir avec le réseau de transport le plus rapide, le plus sûr et le plus efficace du monde», a déclaré le secrétaire aux Transports, Ray LaHood, dans un communiqué. Tous les contrats de trains rapides seront soumis à des «conditions strictes d'achat aux États-Unis afin que les manufacturiers et les travailleurs américains bénéficient du maximum de retombées économiques», y a-t-on précisé.

Cette pluie d'argent public sur le transport ferroviaire fait rêver Bombardier dont l'essentiel du marché se trouve actuellement en Europe, mais se développe aussi rapidement dans les économies émergentes comme la Chine et l'Inde. «On s'intéresse beaucoup à ce qui se passe actuellement aux États-Unis. L'Amérique du Nord accuse un important retard en matière de transport durable et l'on s'attend à ce qu'elle occupe une part grandissante du marché mondial dans les prochaines années», a dit en entretien téléphonique au Devoir Marc Laforge, porte-parole de Bombardier Transport au Canada.

Buy American

L'application de la règle du Buy American n'entame en rien ce bel enthousiasme. Bombardier Transport est présent dans 60 pays et à l'habitude de se voir obligé de fabriquer localement. Son usine de Plattsburgh devrait, en l'occurrence, lui permettre de se qualifier aisément, comme cela a été le cas récemment pour les contrats obtenus avec le Chicago Transit Authority pour 406 voitures de train de banlieue et le New Jersey Transit pour une autre centaine de voitures multiniveaux.

Bombardier ne tient toutefois pas à donner trop de détails sur la nature et le type de projets qu'elle entend soumettre aux pouvoirs publics américains. «C'est le genre de choses sur lesquelles on préfère rester discret, explique Marc Laforge. Dès qu'un projet prendra forme, on cherchera la meilleure façon de poser notre candidature. On peut tout faire: de la fabrication de matériel roulant aux projets clefs en main, en passant par toutes les formes de partenariat et de projets public-privé. Dans tous les cas, Bombardier est toujours en bonne position.»

La compagnie avait été choisie, au début des années 2000, pour participer à la mise au point d'un JetTrain en Floride avant que le gouverneur de l'État, Jeb Bush, n'enterre le projet. L'élection de nouveaux gouverneurs républicains aux dernières élections de mi-mandat a mené récemment à de nouvelles annulations du même genre, notamment en Ohio, au Wisconsin, et encore une fois en Floride, à qui Washington avait pourtant promis une aide de 2,4 milliards pour mettre en branle la construction d'un TGV entre Tampa et Orlando.

Des 2,02 milliards annoncés hier, 795 millions doivent aller aux lignes qui relient Washington, New York et Boston et y relèveront la vitesse des trains sur certains tronçons de 220 km/h à 260 km/h (135 à 160 miles/h). Plus de 400 millions iront à de nouveaux trains qui permettront aux voyageurs de faire le trajet entre Detroit et Chicago en 30 minutes de moins grâce à une vitesse de pointe de 180 km/h. Trois cents autres millions s'ajouteront aux sommes déjà consenties à la construction, dans le corridor Los Angeles-San Francisco, d'un premier train américain capable d'atteindre 355 km/h.
8 commentaires
  • Marc Donati - Abonné 10 mai 2011 07 h 59

    Bravo

    ...Et à quand un TGV entre Québec et Windsor?

  • GLabelle - Inscrit 10 mai 2011 08 h 07

    et pendant ce temps

    nous, au Québec, on reste pris dans le traffic 5 heures de temps pour entrer sur Montréal, et rien de rapide ne relie Montréal à Québec.

  • François Dugal - Inscrit 10 mai 2011 08 h 13

    Père Noël

    Très cher Père Noël, nous voulons un beau train pour Noël.
    Nous promettons d'être très gentils en payant scrupuleusement nos taxes.

  • Serge Beauchemin - Inscrit 10 mai 2011 08 h 21

    La part de Siemens?

    "... Bombardier sera notamment chargée de l'aérodynamique des trains, de la caisse de carrosserie des voitures et des bogies..."
    Il eut été intéressant de savoir ce que vient faire Siemens dans le portrait?

  • Guillermo Navarro Garcia - Inscrit 10 mai 2011 09 h 30

    La part de Siemens

    Par élimination, les motrices, les calculateurs et le système de commande électronique, le système de communication, aménagement intérieur, ... Une paille quoi!