Bombardier décroche le plus gros contrat de son histoire

Bombardier a décroché hier ce qui pourrait mener au plus gros contrat de son histoire: une commande de 1,1 milliard pour fournir 80 wagons de deux étages à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), laquelle commande, grâce à des options, pourrait grimper à 860 wagons pour 11 milliards.

Quatre mois après avoir damé le pion à son rival Alstom en obtenant le statut de «soumissionnaire privilégié», la société montréalaise a indiqué que ses nouveaux trains, imaginés spécifiquement pour l'appel d'offres, vont rouler sur les voies de six régions françaises: l'Aquitaine, la Bretagne, le Centre, le Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Rhône-Alpes.

Les wagons seront assemblés à Crespin, dans le Nord-Pas-de-Calais, dans un complexe où travaillent 2000 personnes, dont 500 ingénieurs et cadres. Les retombées pour le Québec seront donc nulles.

«Les équipes de Bombardier à Crespin ont fait preuve de créativité et de compétence technique», a dit dans un communiqué le président de Bombardier Transport France, Jean Bergé. Large, transparent et confortable, selon M. Bergé, le train «deviendra un produit de référence pour accompagner le développement du transport ferroviaire régional» en France. Les wagons seront livrés de juin 2013 à décembre 2015.

Selon un analyste de Valeurs mobilières Desjardins, Benoit Poirier, qui a écrit une courte note aux clients, hier, le prix demandé par Bombardier était «de 6 % à 10 % inférieur au prix de référence fourni par la SNCF».

Le match de boxe que se livrent Bombardier et Alstom depuis des années en sol français a été ponctué de plusieurs gros contrats qu'ils ont remportés tour à tour.

En octobre 2009, par exemple, la SNCF a accordé à Alstom un contrat de 100 trains régionaux d'une valeur de 1,1 milliard. À l'époque, Alstom disait avoir bon espoir que des commandes supplémentaires effectuées au fil du temps pourraient faire grimper la commande à 1000 wagons, soit 10 milliards.

Trois ans plus tôt, Bombardier avait obtenu le contrat pour le renouvellement de 370 wagons qui circulent sur le réseau de l'Île-de-France. La commande initiale était de 172 rames, assortie d'une extension de 200 rames qui devait porter la valeur du contrat total à 4 milliards. Il était convenu que certains travaux de sous-traitance, cependant, seraient confiés à Alstom.

Là aussi, les wagons devaient être fabriqués à Crespin. À l'époque de ce contrat, le président de la filiale ferroviaire, André Navarri, avait indiqué que, puisque le travail serait effectué en Europe, il n'y aurait «pas de retombées au Québec».

Prié de dire si Bombardier va demander à Alstom d'effectuer des travaux de sous-traitance pour le contrat obtenu hier, un porte-parole de la compagnie a répondu qu'il ne pouvait pas faire de conjecture à cet effet.
1 commentaire
  • Marie-Anne Marin - Abonnée 25 février 2010 07 h 29

    Bombardier décroche le plus gros contrat

    Si je peux me permettre, en France , on fabrique des voitures. Les journalistes canadiens considèrent-ils les passagers comme des marchandises ? Merci