Éducation financière: jouer pour devenir responsable

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
Aperçu d’une partie et du plateau de jeu du Responsable
Photo: Caisse d’économie solidaire Desjardins Aperçu d’une partie et du plateau de jeu du Responsable

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Peut-on en apprendre sur l’investissement responsable tout en s’amusant ? La Caisse d’économie solidaire Desjardins croit que oui : elle a lancé mardi, un jeu, Le Responsable, dans lequel les participants adoptent le rôle d’une institution financière et doivent gérer des épargnes. Le but : investir de façon à avoir une répercussion sociale positive, tout en répondant aux exigences de rendement financier. À chaque tour, une nouvelle surgit au sujet des sociétés dans lesquelles il est possible de mettre ses billes. Une nouvelle qui risque de faire basculer les cours.

« C’est un jeu assez proche de ce qui peut se passer dans la réalité, explique Luc Rabouin, directeur développement stratégique et communications à la Caisse d’économie solidaire Desjardins. L’idée est de mettre les gens dans la position d’un investisseur, pour bien comprendre les défis qu’il y a à faire des choix d’investissement les plus responsables possible. »

Photo: Caisse d'économie solidaire Desjardins Plateau du jeu Le Responsable

Tout a commencé il y a quelques années. Une version rudimentaire du jeu avait alors été expérimentée lors d’une assemblée générale de l’institution financière. « Les gens adoraient jouer à ça », raconte Luc Rabouin. Devant l’enthousiasme, la Caisse a décidé de travailler sur une version plus aboutie afin d’enseigner des notions complexes associées à ce secteur. Elle s’est convaincue de la pertinence de développer le concept après le dévoilement, en avril 2016, des résultats d’un sondage Web réalisé pour le compte de Desjardins Gestion de patrimoine, selon lesquels seulement 46 % des Québécois avaient déjà entendu parler d’investissement responsable. En revanche, 66 % d’entre eux étaient prêts à y consacrer une partie de leurs investissements si cette option leur était présentée.

Pour respecter une certaine rigueur dans le jeu, la Caisse a consulté Rhizome Stratégies, une firme spécialisée en innovation sociale. Pour le côté ludique, elle a fait appel à Affordance Studio, une entreprise de jeux vidéo éducatifs, afin d’enrichir le plateau d’une plateforme numérique permettant de calculer le pointage et de lancer les nouvelles influençant le déroulement de la partie.

Le jeu à vocation éducative n’est pas commercialisé et ne peut pas se jouer de manière autonome : il demande un maître de jeu. La Caisse d’économie solidaire Desjardins a accordé une licence au Mouvement Desjardins, pour que celui-ci puisse l’intégrer à son programme d’éducation financière destiné aux jeunes du secondaire et du collégial Mes finances, mes choix. Elle en a aussi octroyé une à Équiterre, pour que cet organisme l’utilise pour sensibiliser le grand public à l’utilité d’adopter des choix écologiques, et à Fondaction CSN, afin que ce fonds de travailleurs s’en serve dans ses formations.