Faire de la finance socialement responsable

Claude Lafleur Collaboration spéciale
L’un des exemples de développement écoresponsable dans lequel s’est impliqué Fondaction est le Technopôle Angus (photo : parc Jean-Duceppe).
Photo: Source Société de développement Angus L’un des exemples de développement écoresponsable dans lequel s’est impliqué Fondaction est le Technopôle Angus (photo : parc Jean-Duceppe).

Ce texte fait partie du cahier spécial Finance

En 1995 naissait Fondaction, le fonds de travailleurs créé par la CSN. Ce fonds d’épargne-retraite et d’investissements dans l’économie québécoise s’est donné comme objectif de « faire les choses autrement dans le monde de la finance et des affaires », c’est-à-dire de faire en sorte que les sommes qui lui sont confiées soient au service de l’amélioration des conditions d’existence d’un peu tout le monde au Québec.

Vingt ans plus tard, Fondaction dispose de près de 1,4 milliard de dollars d’actif net — dont 850 millions investis directement dans les PME québécoises — provenant de l’épargne-retraite de plus de 128 000 actionnaires. Cette épargne a permis, dit-on, « de sauvegarder, de maintenir et de créer des dizaines de milliers d’emplois au Québec ». De surcroît, Fondaction se veut un acteur clé dans la finance socialement responsable et de développement durable.

« Je vous dirais que nous sommes partis avec de grands objectifs — avec des aspirations et une détermination à faire de la finance autrement — à une époque où il existait peu d’institutions tournées résolument vers le développement durable et la finance socialement responsable, déclare Léopold Beaulieu, président-directeur général de Fondaction depuis sa création. Et je vous dirais que, lorsqu’on jette un regard en arrière, on constate que nous avons strictement suivi cette orientation et qu’aujourd’hui Fondaction est devenu un chef de file en finance socialement responsable. »

Écoconception, écoefficacité et écoresponsabilité

M. Beaulieu s’empresse de préciser qu’à Fondaction on parle de finance socialement responsable, et non d’investissement socialement responsable, « parce que, pour nous, ça regroupe à la fois les placements sur les marchés financiers, l’investissement direct en capital de développement et nos collaborations avec des institutions de la finance solidaire ». Et dans tous les cas, ces investissements prennent en compte les enjeux ESG, c’est-à-dire environnementaux, sociaux et de gouvernance, précise-t-il.

« Lorsqu’on intervient dans une entreprise, on la regarde selon l’ensemble des facteurs ESG, poursuit le P.-D.G. de Fondaction. On regarde quelle sorte d’entreprise citoyenne elle constitue, quelles sont ses relations dans son environnement et avec la communauté locale, quel mode de gestion est en place, quelles sont les conditions de travail, quels sont ses engagements dans le milieu et comment l’entreprise se comporte sur le plan environnemental. On cherche aussi à voir quels sont les impacts positifs des activités de l’entreprise pour la société québécoise. Et, enfin, s’il y a de l’ouverture de la part de la direction de cette entreprise pour s’améliorer sur ces plans-là. »

Cette démarche est particulièrement utile pour les entreprises qui exportent, souligne Léopold Beaulieu, puisque de plus en plus, sur la scène internationale, on exige des entreprises qu’elles soient financièrement et socialement responsables. « Il y a de plus en plus d’exigences en matière d’écoconception des produits et d’écoefficacité, dit-il. Alors nous, nous accompagnons nos entreprises et les amenons progressivement à appliquer les principes de gestion écoresponsable. »

Les petits trésors de Fondaction

L’un des exemples de développement écoresponsable dans lequel s’est impliqué Fondaction et que cite avec enthousiasme Léopold Beaulieu est le Technopôle Angus. « C’est un partenariat qui a vingt ans maintenant, dit-il. Il s’agit en fait du déploiement sur un site à revitaliser d’entreprises de technologies propres. Résultat : 2300 emplois créés dans une perspective de développement durable et qui se font en correspondance avec les valeurs de Fondaction. »

Il rappelle en outre que Technopôle Angus a obtenu une certification or pour l’aménagement du quartier environnant de la part du US Green Building Council. Cette certification confirme que le parc d’entreprises maximise la qualité de l’urbanisme, la préservation de l’environnement naturel, les voies piétonnières et l’accès au transport en commun, la qualité des liens avec la communauté locale ou encore la complémentarité entre les zones d’emploi et de résidence. « C’est quelque chose d’unique, lance M. Beaulieu, une retombée directe des choix d’investissement de Fondaction. »

Avec le même enthousiasme, il parle de la Coopérative Contact, basée à Saint-Elzéar, en Gaspésie. Cette coopérative comporte trois volets ; Contact Innovation, des chercheurs qui développent des technologies pour bâtir une écocollectivité, Contact Signature, une usine où sont fabriqués les produits à partir de résidus de bois et qui contribue à revaloriser l’industrie forestière, et Contact Nature, un site de villégiature qui enseigne aux touristes comment adopter un mode de vie écoresponsable. « C’est là une conjugaison véritablement remarquable et à laquelle Fondaction est fier de contribuer », dit-il.

À Québec, Fondaction investit dans le théâtre Le Diamant de Robert Lepage ainsi que dans la librairie Pantoute, « deux joyaux culturels québécois », remarque M. Beaulieu. Dans ce dernier cas, souligne-t-il, cet investissement a permis d’assurer la pérennité de la librairie ainsi que la création d’une coopérative de travailleurs actionnaires.

Plus près de nous, Fondaction s’est impliqué dans la mise en oeuvre du 222, Sainte-Catherine (coin Saint-Laurent), qui regroupe une foule d’organismes communautaires et culturels. Et voilà que Fondaction participe au projet du Carré Saint-Laurent, destiné à revitaliser le secteur sud du boulevard Saint-Laurent entre la rue Sainte-Catherine et le Monument-National. C’est ainsi que Léopold Beaulieu est particulièrement fier de la présence de Fondaction dans près de 2000 lieux de travail ainsi que des investissements dans quelque 850 entreprises de chez nous.

À voir en vidéo