Plus aucun espoir de sauver l'usine

Le siège social d’Electrolux, à Stockholm, en Suède. La haute direction de l’entreprise ne manifeste aucun intérêt à garder ouverte son usine de L’Assomption et à y protéger les 1300 emplois. Sa décision de déménager la production aux États-Unis, annoncée en décembre dernier, est sans appel.
Photo: Agence France-Presse (photo) - archives Le siège social d’Electrolux, à Stockholm, en Suède. La haute direction de l’entreprise ne manifeste aucun intérêt à garder ouverte son usine de L’Assomption et à y protéger les 1300 emplois. Sa décision de déménager la production aux États-Unis, annoncée en décembre dernier, est sans appel.
Les dernières discussions entre la partie patronale, la FTQ et Investissement Québec auraient eu lieu lundi dernier, selon les informations qui circulaient hier. Le chef de la direction d'Electrolux pour l'Amérique du Nord, Keith McLoughlin, a alors souligné que la décision de la multinationale, annoncée à la mi-décembre, était irrévocable. Il a ainsi refusé d'envisager la solution proposée par la centrale syndicale, qui avait proposé le transfert à L'Assomption d'une filiale d'Electrolux, de façon à maintenir les emplois menacés.

Devant la fin de non-recevoir opposée par la direction de l'entreprise, le président d'Investissement Québec, Jacques Daoust, aurait vivement critiqué les façons de faire de celle-ci. «Vous ne nous avez jamais donné la chance de nous battre», a lancé M. Daoust au cours de la rencontre, selon les informations rapportées par Rue Frontenac.

Pour les employés, le dénouement est amer, même si les espoirs étaient déjà minces avant cette ultime rencontre. Ceux-ci s'estiment «bernés sur toute la ligne». Selon David Chartrand, président du syndicat, il est possible que la production de l'usine en souffre au cours des prochains mois. Les sous-traitants et les fournisseurs québécois de l'entreprise sont eux aussi inquiets de la fermeture annoncée.

Investissement Québec exige pour sa part le remboursement de 2,5 millions de dollars d'aide financière versés à Electrolux, puisque cette subvention était assujettie au maintien des emplois en sol québécois. Les discussions ne sont toujours pas terminées. Il reste aussi à savoir ce qu'il adviendra du déficit du régime de retraite, qui s'élève à 10 millions de dollars. La fermeture de l'établissement devrait coûter 65 millions.

Electrolux, qui a dégagé un bénéfice de 615 millions en 2010, a justifié sa décision en prétendant que les coûts de transport sont trop élevés au Québec. Elle a aussi insisté sur les généreuses subventions reçues de l'État du Tennessee. Là-bas, le géant mondial s'est effectivement fait dérouler un tapis rouge de 132 millions de dollars. La Ville de Memphis et le comté ont promis de lui verser 20 millions chacun. L'État fournira pour sa part une enveloppe de 92 millions. La construction de l'usine, un complexe de 700 000 pieds carrés qui coûtera 190 millions, commencera en 2011. Elle embauchera 1200 personnes.

L'établissement de L'Assomption cessera donc progressivement de produire des électroménagers à compter de 2012, avant que toute la production soit transférée à Memphis au cours de 2013. Les travailleurs américains gagneront d'ailleurs moins que leurs confrères canadiens. À L'Assomption, les employés gagnent en moyenne 18,75 $ l'heure, selon le syndicat. À Memphis, ils gagneront 13,50 $, ce qui ne comprend pas les avantages sociaux.

Sur l'ensemble de l'année 2010, le chiffre d'affaires d'Electrolux a atteint 16,4 milliards, en baisse de 3 %, ce qui signifie que la compagnie a exercé un contrôle serré de ses dépenses pour générer sa hausse de profit. Fondée en 1918 et se classant aujourd'hui au deuxième rang des fabricants d'appareils ménagers, elle possède notamment Frigidaire, Westinghouse et les aspirateurs Eureka.

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