La CSN tente d'entrer chez Couche-Tard - Après une tentative infructueuse à Beloeil, le syndicat tente à nouveau sa chance, à Montréal

Nouvelle tentative de syndicalisation de la chaîne de dépanneurs Couche-Tard.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Nouvelle tentative de syndicalisation de la chaîne de dépanneurs Couche-Tard.

Un peu plus d'un an après les efforts interrompus visant à syndiquer un dépanneur Couche-Tard de Belœil, la CSN a annoncé hier que la douzaine d'employés d'une succursale montréalaise située rue Jean-Talon viennent de déposer une requête en accréditation.

La CSN, déjà présente dans des commerces de détail et d'alimentation comme IGA et Sobeys, a précisé que le syndicat de Couche-Tard se voudra de nature régionale et que l'objectif est de syndiquer plusieurs autres établissements de la chaîne dans la grande région.

Le dépôt de la requête en accréditation marque un tournant. En novembre 2009, la campagne de signatures de cartes à Beloeil s'était terminée abruptement lorsque la compagnie avait décidé de mettre la clé sous la porte. Se défendant d'avoir posé un geste antisyndical, elle avait invoqué la mauvaise performance de la succursale, située en bordure de l'autoroute 20 où circulent quotidiennement 65 000 véhicules.

«Nous voulons de meilleures conditions», a dit Luis Donis, un des employés, qui a participé à une conférence de presse au siège de la CSN hier. Les travailleurs miseront notamment sur une amélioration des salaires et des horaires, a-t-il dit en faisant référence au fait que les employés s'inquiètent aussi pour leur sécurité puisque le dépanneur est ouvert 24 heures.

De manière générale, le secteur du commerce de détail est peu syndiqué. M. Donis a dit que l'ancienneté des employés de la succursale oscille entre un an et neuf ans. Certains ont des enfants, a-t-il dit, mais la majorité sont des étudiants.

«Il est certain que nous allons respecter le processus», a dit Denise Deveau, une relationniste pour Couche-Tard qui travaille à son compte. «Nous allons étudier la requête et faire nos devoirs.»

La requête sera soumise à une vérification de la part de la Commission des relations du travail. L'établissement est situé au 2500 de la rue Jean-Talon Ouest, à l'angle d'Iberville, dans un quartier où se côtoient des gens d'origine haïtienne, d'origine latino-américaine et d'origine maghrébine.

Le président de la Fédération du commerce de la CSN, Jean Lortie, a affirmé que l'univers des dépanneurs en est un qui carbure au salaire minimum, et que Couche-Tard a décrété un gel des salaires il y a deux ans malgré la rentabilité de la compagnie.

«Quand les gens viennent nous voir, c'est parce que ça va mal. [...] Couche-Tard ne l'a pas vu venir», a laissé tomber Roger Valois, vice-président de la CSN. «Rien ne peut empêcher» la compagnie de procéder à une nouvelle fermeture, a-t-il répondu à la question d'un journaliste lui posant une question faisant référence à Beloeil.

La requête a été déposée mardi soir. Il faudra maintenant mettre en place un exécutif, ce qui ouvrira la voie à la négociation d'une convention collective.

Le réseau de Couche-Tard compte 5400 succursales en Amérique du Nord, dont les deux tiers vendent de l'essence. À son exercice 2010, terminé en avril dernier, le bénéfice net s'est chiffré à 302 millions alors que les revenus ont atteint 16,4 milliards.

En novembre 2009, la fermeture était survenue deux jours après qu'un ex-employé avait commencé à faire signer des cartes d'adhésion syndicale. Cet ex-employé avait d'ailleurs été

congédié sous prétexte qu'il avait fait de la sollicitation auprès d'un employé pendant les heures de travail, ce qui est illégal.

Couche-Tard avait nié tout lien entre la campagne de syndicalisation et la fermeture du magasin. En octobre 2010, RueFrontenac avait rapporté que l'enseigne de la succursale avait été réinstallée, tout comme les pompes à essence. Le site Internet de Couche-Tard indique d'ailleurs qu'il y a une succursale à la même adresse.

«Ce magasin fait partie d'un groupe de sites qui ont été visés par Couche-Tard pour une raison de non-rentabilité», avait affirmé, en novembre 2009, Chantale Sajo, directrice de communications-marketing chez Couche-Tard, division Québec Atlantique. «Chaque trimestre, nous évaluons nos sites dans un objectif clair d'optimisation du réseau et parfois la conclusion est que nous devons fermer le magasin. C'est ce qui s'est produit pour celui de Beloeil.»

Toujours selon RueFrontenac, le litige entre les employés et le magasin de Beloeil avait par la suite fait l'objet d'une entente à l'amiable.
2 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 13 janvier 2011 15 h 01

    UN autre magasin qui vas fermer...

    ou comme chez Walmart, les syndiqués ont moins d'avantage que les non syndiqués...

    Je ne peux pas croire que les syndicats pensent qu'on peut gérer un «dépanneur» à la façon syndicale qui ne laisse aucune marge de manœuvre à la gérance...

  • Charles F. Labrecque - Abonné 13 janvier 2011 16 h 07

    Malheur

    Voilà maintenant ce géant québécois d'être frappé par grand malheur qui l’entraînera vers des problèmes qui ont causés la fermeture de plusieurs commerces au Québec. Soit par de grèves prolongées ou du harcèlement sans communes mesures. Plusieurs commerces de la ville de Sherbrooke ont déjà subit les foudres de syndicats qui sont près à aller jusqu'au bout après deux années de grève.
    Souhaitons que cette fois se sera à l'avantage des employés afin qu'ils conservent leurs travail