La FTQ-Construction accusée de faire de la discrimination syndicale

Les membres de la section locale 1981 affirment avoir été contraints de s’exiler après avoir été mis sur la touche.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Les membres de la section locale 1981 affirment avoir été contraints de s’exiler après avoir été mis sur la touche.

Des dizaines de mécaniciens industriels ont dénoncé vertement, hier, la discrimination syndicale dont ils soutiennent être victimes de la part de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

Ils ont profité de la fête du Travail pour manifester leur mécontentement de voir leur accès aux chantiers du Québec refusé par la FTQ-Construction et ses «amis», dont fait partie, selon eux, la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Les 300 membres de l'Association nationale des mécaniciens industriels (section locale 1981) affirment avoir été mis sur la touche et, du coup, être contraints de s'exiler «en Alberta, en Guinée française, en Russie, aux États-Unis» s'ils veulent gagner leur vie en travaillant dans le secteur de la construction. «J'ai des travailleurs qui sont à l'oeuvre pour un contracteur en Alberta. Pourtant, ce même contracteur n'engagera jamais mes travailleurs au Québec», a dénoncé le directeur de l'Association nationale des mécaniciens industriels, Ken Pereira.

M. Pereira s'est fait connaître pour avoir dénoncé publiquement les dépenses excessives de l'ancien directeur général de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis. Depuis, c'est la guerre totale entre le syndicat et les travailleurs qui sont membres du groupe qu'il dirige.

«Peu importe les compétences que j'ai, je ne suis pas reconnu ici. Je n'ai pas travaillé au Québec depuis cinq ans», a soutenu le bras droit de Ken Pereira, Hugo Boisvert. «Plus je vais parler, plus ils vont me mettre de côté.»

M. Pereira aurait réclamé l'intervention des ministres du Travail David Whissel, Sam Hamad et Lise Thériault, mais ses demandes seraient restées lettre morte.

Si rien n'est fait du côté de la FTQ à moyen terme, l'Association nationale des mécaniciens industriels fera appel aux tribunaux, a averti Ken Pereira, hier. «Même si [la FTQ] ne m'aime pas, ces travailleurs sont tout de même [leurs] membres», a-t-il dit.

Le milieu de la construction est gangrené par l'«intimidation» et la «collusion», martelait-il, hier, appelant de nouveau à la mise sur pied d'une commission d'enquête publique sur la construction. «On ne se bat plus pour les droits des travailleurs, mais pour la cotisation syndicale.»


1 commentaire
  • Jean Rousseau - Inscrit 7 septembre 2010 20 h 12

    LA PARALYSIE DE L’AGIR


    Un entrepreneur qui tenait un bureau de placement de personnel demandait 1000$ à chacun pour lui procurer un emploi.

    Là où la situation ne va plus cependant, c'est lorsque cette sélection est laissée entre les mains de la FTQ. Pourquoi? Parce que le jeu devient hautement vicié pour les travailleurs à ce moment là. La centrale peut dès lors et à son gré leur demander bien plus que les compétences nécessaires. De l'argent, de s'affilier et tout ce que peux imaginer une personne qui en a vue couler sous les ponts. L'équivalent en stupidité de cette pratique se retrouverait au niveau de cette justice tribale par laquelle, des policiers sont amenés à en juger d'autres, lorsqu'ils se trouvent impliqués dans la commission de meurtres.

    En Ontario, ces infamies n'ont pas lieux. Pourquoi? Parce qu'en plus de dénoncer ce qui ne va pas, les anglais passent plus facilement aux actes afin de rétablir l'ordre, la justice. Le francophone, (en général), de par son anéantissant produit par la religion, souffre d'une déficience au niveau de l'agir, (hors cadres). Essayons toutefois de nous organiser d’abord pour sortir du marasme, (nos ouvriers, nos jeunes, etc.). Et en cas d’échec, il nous restera une autre alternative dans la manche.

    Jean Rousseau, B. Ps
    consultant et organisateur social
    courriel : jeanrousseau1956@live.ca