L'aventure Gaspésia prend fin

L'aventure de la Gaspésia est définitivement terminée. Le groupe vietnamien Vantek se portera acquéreur des actifs de l'usine, dont une machine à papier neuve, qui sera démontée et expédiée au Vietnam. Le montant de la transaction est de 40 millions, alors qu'on estimait la valeur des actifs de la Gaspésia à 200 millions.

Bien qu'il aurait préféré une relance de l'usine, le maire de Chandler, Claude Cyr, estime qu'il s'agit d'un dénouement très acceptable. «C'est un mal pour un bien, parce qu'on tourne définitivement la page et on va faire autre chose», a dit le maire Cyr en entrevue jeudi.

Il fait valoir que la Ville de Chandler obtiendra 17 millions, soit deux millions pour les taxes de 2007 et 2008, ainsi qu'un montant de 15 millions, dont quatre à huit millions seront consacrés à la décontamination du site, le reste allant à un fonds de développement économique. La ville redeviendra aussi propriétaire des terrains.

Le reste de la somme sera partagé entre les prêteurs, soit la Société générale de financement, le Fonds de solidarité de la FTQ, Tembec et Investissement Québec. Les partenaires ont accepté cette offre qui constituait la plus substantielle à ce jour.

Abitibi-Consolidated avait mis fin aux activités de l'usine Gaspésia en 1999, alors que 400 personnes y travaillaient toujours. Au plus fort de ses activités, l'usine employait 600 personnes. Des travaux de modernisation avaient été entrepris mais avaient cessé en janvier 2004, en raison d'un dépassement de coûts.

«Le contexte économique fait en sorte, dans les pâtes et papiers, qu'on ne pouvait pas repartir Gaspésia, a dit le maire Cyr. Il faut se rendre à l'évidence. [...] On avait fait notre deuil de Papiers Gaspésia depuis l'été dernier.» La ressource forestière a été réallouée aux scieurs de la région et le maire espère maintenant des développements importants dans l'exploitation des espèces feuillues et l'utilisation, par la scierie de Grande-Rivière, du bois résineux.

Chandler mise également sur des projets dans le domaine de l'énergie éolienne et s'est associée en ce sens à un promoteur de Bromont, dans les Cantons-de-l'Est.

Le maire fait valoir que les infrastructures présentent un potentiel fort intéressant pour les investisseurs, Chandler étant le seul port de mer déglacé à l'année dans l'est du Canada. Il est relié par rail au parc industriel. «Il y a du récréotouristique aussi à Chandler, a dit le maire. On a des forces. [...] On se dit que 2008, ça devrait être l'année de Chandler.»

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