Les Québécois montrent l’exemple, mais il reste du chemin à faire

Des voitures électriques
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des voitures électriques

Même si près d’un véhicule électrique sur deux au pays roule au Québec, il y aurait encore beaucoup de travail à faire pour sensibiliser les Québécois aux avantages de ce moyen de transport écologique.

En juin dernier, près de 50 % des 14 000 véhicules électriques circulant au pays se trouvaient au Québec. De plus, au cours de la dernière année, le nombre de véhicules électriques vendus ici a augmenté de 87 %, ce qui démontre l’engouement grandissant des Québécois pour l’auto électrique, souligne Chantal Guimond, présidente-directrice générale de Mobilité électrique Canada, l’organisme sans but lucratif derrière les activités de la 5e semaine nationale « Conduisons électrique ! ».

Toutefois, dit-elle, il reste beaucoup de sensibilisation à faire auprès des conducteurs, dont certains sont encore réticents en raison d’une autonomie qui serait, selon eux, pas toujours au rendez-vous.

Mme Guimond estime que les gens connaissent peu la technologie, mais elle veut remettre les pendules à l’heure. Elle rappelle que la majorité des automobilistes roulent moins de 40 kilomètres par jour, ce qui est largement suffisant avant de devoir recharger les batteries. De plus, dit-elle, il y a de plus en plus de modèles de véhicules offrant une autonomie plus grande.

L’organisme, qui a l’appui du groupe environnemental Équiterre, d’Hydro Québec et de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), note qu’il y a de plus en plus de bornes de recharge et qu’une aide financière gouvernementale allant de 5000 à 8000 $ est prévue à l’achat, selon la province, sans compter les frais minimes pour l’entretien de la voiture.

Satisfaction

Mobilité électrique Canada rappelle également que les voitures écologiques sont aussi amusantes à conduire, propres, faciles à recharger et qu’elles contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’organisme affirme aussi que les conducteurs de véhicules électriques affichent des niveaux de satisfaction beaucoup plus élevés quant à leur voiture que les propriétaires de véhicules traditionnels.

Dans le cadre de la semaine « Conduisons électrique ! », les gens intéressés pourront faire des essais routiers gratuits et discuter avec des experts en la matière à Lévis, Magog, Shawinigan et Victoriaville.

3 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 14 septembre 2015 09 h 10

    Montrer l'exemple

    Le modèle québécois d'électrification des transports est loin d'être un exemple à suivre. Ainsi, on subventionne grassement de riches banlieusards qui achètent de puissantes et luxueuses voitures électriques alors que l'AMT a dû suspendre l'électrification de ses trains de banlieue faute de ressource. Cherchez l'erreur.

    On avait acheté, à fort prix, des locomotives bimodes, capable de rouler en mode tout électrique (avec caténaire) ou en mode autonome (électricité produite par une génératrice embarquée). Ces locomotives pourraient devenir désuètes avant même d'avoir été utilisées en mode électriques car le report de l'électrification des trains se compte en années et non en jours ou en mois.

    Le mode électrique conventionnel, par rail et caténaire, est de loin le plus simple et le plus efficace qui soit. On continue à y tourner le dos. Cherchez l'erreur... Ou cherchez plutôt du côté des lobbies du lithium. Il semblerait qu'au nord du territoire, il y ait des gisements de lithium, et des sociétés intéressées à aller l'y puiser. Il y a aussi l'industrie de la borne électrique. On aime mieux dérouler des kilomètres et des kilomètres de fil pour alimenter ces bornes que pour construire une simple caténaire capable d'assurer l'alimentation électrique de trains transportant des centaines de passagers à la fois.

    Enfin, de grâce, qu'on cesse de nous parler de voitures écologiques. La voiture électrique qu'on essaie de nous vendre, elle n'a RIEN d'écologique. Sa fabrication exige une quantité phénoménale d'énergie, et alors que les villes ont des problèmes de surpopulation automobile (congestion monstre, pression sur le milieu pour l'occupation du territoire à des fins de stationnement, etc...), la voiture individuelle, qu'elle soit diesel, à essence, au gaz ou à batteries, elle n'a rien d'écologique car elle contribue à ce cul-de-sac environnemental qu'est l'automobile.

    • Daniel Bérubé - Abonné 14 septembre 2015 13 h 22

      J'ai de forte craintes que cesser immédiatement la production automobile ne fera pas que demain, les villes seront entièrement changées pour répondre à ces nouveaux modes de déplacements. L'échangeur Turcot n'est pas encore refait, mais est bien et bien au programme... selon vous, ne sera-t-il utilisé qu'un an et ensuite démolie ? J'en doute...

      Selon moi, la voiture électrique demeure beaucoup moins polluante que celles à essence. Il n'y a pas que sa fabrication qui est a considérer, mais tout ce qu'elle produira durant son utilisation, durant sa vie utile. Les batteries pourront être recyclés comme leur carcasses. Aucune forme l'huile usée que produit un modèle à essence: combien de litre de vieille huile peut produire une voiture à essence durant sa vie utile ? Électrique: aucune (sauf lubrification sous forme de graisse de certains joints ou autres).

      Il est parfois difficile, voir impossible de passer de système de déplacement par véhicule à essence à transport en commun (tramway, métro...) électriques d'un jour à l'autre. Le faire trop vite peut amener à faire des erreurs, qui représenteront eux aussi des coût souvent énormes en bout de ligne...

    • Jean Richard - Abonné 14 septembre 2015 14 h 16

      Il n'a pas été question de cesser immédiatement de construire des voitures individuelles, mais de ne pas miser sur cette industrie pour soutenir l'économie québécoise.

      Nous faisons face à deux problèmes immédiats :

      - la surpopulation automobile qui se traduit en congestion et en pénurie d'espace urbain, surpopulation rendue inquiétante parce que le nombre de voitures en circulation augmente plus rapidement que la population humaine et,

      - la surproduction automobile, qui rend la viabilité d'une industrie québécoise illusoire – les capacités de production dépassent largement la demande, et la capacité de production à bon marché (grâce aux bas salaires dans les pays producteurs) est loin d'être épuisée.

      En coupant dans les transports en commun comme il le fait depuis plus de 20 ans et en dilapidant les fonds publics dans cet embryon illusoire d'industrie automobile québécoise, le gouvernement du Québec fait fausse route. Les villes risquent de payer le prix de cette politique de taupe. Les coûts de la surpopulation automobile sont énormes : pertes de temps (et de productivité) dans les embouteillages, ralentissement du déneigement avec augmentation des coûts, ralentissement des transports en commun de surface, avec augmentation des coûts, détérioration accélérée des infrastructures routières...