Adidas - D'une petite firme familiale de Bavière à un géant mondial

Source: DAVID HECKER Agence France-Presse
Adidas rachètera son concurrent américain Reebok International pour un montant de 3,8 milliards $US.
Photo: Source: DAVID HECKER Agence France-Presse Adidas rachètera son concurrent américain Reebok International pour un montant de 3,8 milliards $US.

Francfort — Entreprise familiale créée il y a près de 60 ans dans une bourgade bavaroise, l'équipementier sportif Adidas est devenu un géant mondial du secteur au fil de décennies parfois houleuses. Avec Reebok, Adidas a les moyens de jouer dans la même division que le leader mondial, l'américain Nike.

L'ascension est spectaculaire pour cette entreprise, née juste après la guerre d'une mystérieuse brouille entre Adolf et Rudolf Dassler, les deux fils d'un savetier bavarois spécialiste des pantoufles et déjà présent entre les deux guerres dans la chaussure de sport.

Pour des raisons toujours restées sécrètes, les deux frères se séparent. Avec son surnom «Adi» et la première syllabe de son nom «Das», Adolf crée, en 1948, Adidas. Son frère Rudolf s'installe dans la même ville que lui, mais de l'autre côté de la rivière Aurach, et fonde la marque sportive également bien connue, Puma.

Après Adolf, son fils Horst reprend la marque aux trois bandes avec succès dans les années 60 et 70, mais sa mort brutale en 1987, à 51 ans, plonge le groupe, déjà tenaillé par la concurrence des américains Reebok et Nike, dans une période difficile.

La chute de dollar précipite le déclin de l'entreprise. Début 1990, les héritiers décident de vendre.

C'est l'homme d'affaires français Bernard Tapie qui achète, soutenu par le Crédit Lyonnais. «Adidas, c'est l'affaire de ma vie», claironne-t-il. Deux ans plus tard, Adidas accuse de lourdes pertes malgré un recours massif à la sous-traitance et des suppressions d'emplois.

Bernard Tapie revend la firme en 1993 à un groupe d'investisseurs privés et publics. Sous la férule de son nouveau patron Robert Louis-Dreyfus, l'entreprise renaît. Il s'emploie à renouveler la gamme de produits et travaille à redorer l'image du groupe en impliquant des stars de l'époque, comme Madonna qui arbore des t-shirt Adidas dans les discothèques. L'entreprise se redresse. Deux ans plus tard, elle entre en bourse.

Tenté par une diversification, Adidas acquiert en 1997 le fabricant de skis Salomon et ajoute le nom du français au sien. Mais le couple Adidas-Salomon divorce près de huit ans après, l'entreprise d'Annecy ne s'avérant pas aussi rentable qu'escompté. Salomon, revendu au finlandais Amer Sport, disparaîtra complètement des comptes au troisième trimestre de cette année.

Chaussures, vêtements de sport, et équipement de golf, en pleine croissance, redeviennent ainsi le coeur du métier d'Adidas.