Caisse de dépôt et placement - Nadeau quitte le bateau piloté par Rousseau

Michel Nadeau, à gauche, photographié l’an dernier en compagnie de son ex-patron, Jean-Claude Scraire.
Photo: Jacques Grenier Michel Nadeau, à gauche, photographié l’an dernier en compagnie de son ex-patron, Jean-Claude Scraire.

Le numéro deux de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michel Nadeau, a annoncé hier son départ de l'institution. Cette décision survient trois jours seulement après l'entrée en fonction de Henri-Paul Rousseau.

Après 18 ans à la Caisse de dépôt, Michel Nadeau tire sa révérence. «Pour continuer d'avancer, une nouvelle direction doit donner un nouveau coup de barre», a-t-il déclaré, dans un communiqué émis en début de soirée hier. Il a mentionné qu'il aura l'occasion de «se consacrer, bientôt, à de nouvelles activités tout aussi stimulantes» et a soutenu que «le travail à la CDP [lui] a permis de relever des défis formidables. [Les] équipes de gestionnaires sont devenues parmi les meilleures au monde».

Un départ sans surprise, si ce n'est la rapidité avec laquelle il survient. Car depuis la décision du gouvernement québécois de recruter le remplaçant de M. Scraire à l'externe, l'arrivée de Henri-Paul Rousseau devenait menaçante pour Michel Nadeau. Il allait de soi que l'un des premiers gestes de M. Rousseau serait de reprendre les rênes des grandes fonctions névralgiques de la plus importante caisse de retraite au pays. D'autant plus que, si l'idée proposée de scinder les fonctions de président du conseil et de directeur général de CDP devenait éventuellement force de loi, Henri-Paul Rousseau ne se voyait pas ayant quitté les hautes fonctions à la Banque Laurentienne pour ne travailler qu'à la définition des grandes orientations à long terme de la Caisse. «Il n'y avait ni animosité ni conflit de personnalité entre les deux hommes, disait-on hier. Tout au plus M. Rousseau voulait-il devenir plus opérationnel.»

À la Caisse de dépôt depuis 1984, M. Nadeau s'était vu confier, il y a un an, la présidence de CDP Capital. Il avait auparavant fait le tour des grandes divisions stratégiques de la Caisse, toujours dans un siège de premier vice-président, avant de devenir président de CDP Marchés mondiaux et directeur général adjoint de CDP, confirmant du même coup sa position de numéro deux et de bras droit de Jean-Calude Scraire.

Société influente

CDP Capital avait été créé en août 2001 afin de regrouper l'ensemble des activités de gestion de fonds et d'investissement. Abritant un actif de 125 milliards, cette nouvelle société incorporée ratissait large en coiffant les filiales CDP Gestion mondiale, CDP Participation et CDP Immobilier. Soit tout ce qui était relié à la gestion externe, aux opérations et placements, à la trésorerie et aux investissements stratégiques.

Le numéro un de l'institution, Jean-Claude Scraire, se dégageait alors des opérations quotidiennes pour se concentrer sur les orientations stratégiques, le plan d'affaires et la planification. Dorénavant, et sans défaire, dit-on, cette structure à peine vieille d'un an, les fonctions de M. Nadeau seront reprises par Henri-Paul Rousseau et ajoutées à son rôle de président du conseil et de directeur général de la Caisse de dépôt. Par le cumul de ces fonctions, M. Rousseau a soutenu hier qu'il voulait se rapprocher des opérations courantes de la Caisse. Le fait d'assumer les responsabilités opérationnelles de CDP Capital lui permet «de se rapprocher de l'ensemble des activités de CDP et de ses filiales», poursuit le communiqué.