George Bush baisse l'impôt des entreprises

Le quartier des affaires de San Francisco. George W. Bush a offert hier 136 milliards $US aux sociétés et aux agriculteurs sous forme de nouveaux allègements d’impôts.
Photo: Agence Reuters Le quartier des affaires de San Francisco. George W. Bush a offert hier 136 milliards $US aux sociétés et aux agriculteurs sous forme de nouveaux allègements d’impôts.

Washington — Sans tambour ni trompette, George W. Bush a signé hier la réforme la plus radicale de la législation fiscale sur les entreprises aux États-Unis depuis 1986, pour mettre fin à un litige commercial avec l'Union européenne et offrir 136 milliards $US aux sociétés et aux agriculteurs sous forme de nouveaux allègements d'impôts.

Cette mesure était considérée par ses partisans comme nécessaire pour aider les secteurs qui ont perdu 2,7 millions d'emplois durant le mandat de M. Bush. Mais ses adversaires dénoncent un cadeau aux multinationales qui délocalisent à l'étranger, et soulignent qu'elle aggravera du déficit abyssal du pays.

Aucune cérémonie n'a été organisée pour la signature. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan, l'a annoncée à bord de l'avion présidentiel Air Force One, où M. Bush avait pris place pour se rendre à un meeting en Pennsylvanie. «Cette loi mettra fin aux sanctions européennes sur les exportations américaines, aidera à promouvoir la compétitivité des entreprises américaines et à créer des emplois aux États-Unis», a déclaré M. McClellan.

Le porte-parole de John Kerry, Phil Singer, a de son côté accusé M. Bush d'avoir «truffé le texte de cadeaux pour les entreprises et d'allègements fiscaux pour les multinationales qui envoient des emplois à l'étranger. Dans son premier budget, John Kerry plaidera pour l'abrogation de toutes les baisses fiscales injustifiées que George Bush a inclus dans cette loi».

Le but initial de la loi était de supprimer une exemption fiscale annuelle de cinq milliards $US au profit des exportateurs américains, qui a été jugée illégale par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Son abrogation était nécessaire pour lever les sanctions douanières imposées en représailles par l'UE sur 1600 produits américains.

La loi remplace le cadeau fiscal de 49 milliards à l'exportation par de nouveaux allègements se montant à 136 milliards sur dix ans. La législation s'applique à des secteurs très divers: produits manufacturés, énergie, bâtiment ou encore agriculture. Certaines des plus grandes entreprises américaines sont concernées.

Il s'agit de la plus importante réforme de la loi sur la fiscalité des entreprises aux États-Unis depuis 1986.