GM prévoit de supprimer jusqu'à 12 000 emplois en Europe

Detroit — General Motors a perdu de l'argent au troisième trimestre dans les ventes de voitures, ce qui le contraint à un lourd plan social en Europe, même si ses activités financières lui ont permis d'afficher quand même un bénéfice.

Le numéro un mondial de l'automobile, qui prévoit jusqu'à 12 000 suppressions d'emplois en Europe d'ici à 2006, a également annoncé hier avoir engrangé un bénéfice net de 440 millions au troisième trimestre pour un chiffre d'affaires en faible hausse de 3 % sur un an, à 44,9 milliards.

La performance de la division financière GMAC, offrant notamment des crédits à la consommation, explique ce résultat dans le vert, car le coeur de métier de GM va mal. L'activité automobile au niveau mondial a dégagé une perte de 130 millions $US, contre un bénéfice de 34 millions au troisième trimestre 2003, a souligné le constructeur.

«La concurrence dans les activités automobiles dans le monde reste intense, et nous voyons une baisse des prix dans la plupart de grands marchés», a expliqué Rick Wagoner, le p.-d.g. du groupe. «Ces résultats financiers soulignent que nous devons aller plus vite pour faire face aux défis que nous rencontrons en matière de coûts, que ce soit la couverture santé aux États-Unis ou la surcapacité et les coûts élevés en Europe», a-t-il souligné.

La perte en Amérique du Nord — certes dix fois moindre qu'en Europe, où GM est dans le rouge de 236 millions — prouve que la guerre des primes et autres prêts à taux zéro fait des dégâts. «En augmentant dramatiquement les primes d'incitation afin de soutenir la demande, les constructeurs automobiles ont effectivement évité un déclin plus prononcé des volumes [de ventes] mais récolté un déclin des prix», a commenté l'agence de notation Standard and Poor's.

Le 1er octobre, lors de la publication des ventes mensuelles des constructeurs axu États-Unis, des experts avaient souligné un redressement chez GM à la toute fin septembre, grâce à l'instauration de prêts épargnant tout paiement d'intérêt désormais sur une période de six ans.

Crédit dégradé

La qualité du crédit chez GM a été dégradée coup sur coup par les agences Fitch et Standard and Poor's, mercredi et hier. La compression des marges en Amérique et en Europe devrait se poursuivre à court terme, ont expliqué en substance les agences, alors que le constructeur lui-même a réduit son objectif de résultat annuel en 2004.

«La gamme de berlines reste actuellement faible et les obligations en terme de couverture des retraites sont significatives», a ajouté Fitch, se disant «particulièrement préoccupé par l'escalade toujours au même rythme du coût des soins médicaux» aux États-Unis.

Entre décembre 2002 et juin 2004, l'activité auto a vu sa dette globale doubler, à 32,4 milliards, selon Fitch.

Or le constructeur a besoin de ses flux de trésorerie, non seulement pour financer ses différents fonds sociaux maison, mais surtout pour innover et lancer de nouveaux modèles. «Nous avons besoin de cash pour notre activité et l'abondement complet du fonds de retraite [à hauteur des exigences de la loi] ne se produira jamais», a prévenu le directeur financier John Devine.