Le travail après la Caisse de dépôt - Michel Nadeau ne chôme pas

De gauche à droite, Michel Nadeau, président du conseil, Driss Amraoui, qui s’occupe notamment du service aux entreprises, et Hakim Chickh, président de Voice Job.
Photo: Jacques Nadeau De gauche à droite, Michel Nadeau, président du conseil, Driss Amraoui, qui s’occupe notamment du service aux entreprises, et Hakim Chickh, président de Voice Job.

Depuis son départ de la Caisse de dépôt et placement du Québec en septembre 2002, Michel Nadeau n'a pas chômé et s'est retrouvé dans diverses activités comme conseiller, membre de conseil d'administration, professeur en journalisme à l'Université Laval et même à l'étranger. Il est notamment président du conseil d'une toute petite entreprise, Voice Job, qui offre un service vocal de recherche d'emploi qui, semble-t-il, est le seul du genre en Amérique du Nord.

M. Nadeau n'a fait aucun investissement dans cette entreprise et il voit son rôle comme celui d'un mentor et d'un conseiller. C'est par une amie commune qu'il a fait la connaissance il y a plus d'un an de Hakim Chickh, celui-là même qui a eu l'idée de ce service vocal, particulièrement efficace pour l'usager d'un téléphone cellulaire mais disponible également sur Internet.

M. Chickh, diplômé en relations industrielles de l'Université de Montréal, travaillait comme directeur du recrutement chez Quantum, une agence de placement temporaire. Dans son travail, il y avait deux demandes qui revenaient fréquemment à propos des candidats à des emplois: quelle impression laisse-t-il au téléphone? Peut-on le joindre chez lui le soir? Car souvent, les candidats occupent déjà un emploi et ne veulent pas qu'on les appelle à leur bureau.

Ce sont ces deux préoccupations qui ont donné à M. Chickh l'idée d'un service vocal virtuel. Le concept est relativement simple à appliquer à la condition d'avoir le logiciel qui convient, ce qui a été fait avec la collaboration du Groupe CDS communication. Les personnes à la recherche d'un emploi n'ont rien à débourser. Il suffit d'appeler chez Voice Job et d'enregistrer un message d'une minute pour dire qui ils sont et faire part de leurs attentes.

Les employeurs, en revanche, doivent payer un montant pour s'abonner au service. Présentement, il y a un forfait de 450 $ pour afficher deux postes pendant 30 jours. L'employeur enregistre également un message pour décrire la fonction et faire part de ses exigences. Voice Job fait de son côté un travail de classification des demandes et des offres, pour éviter aux uns et aux autres des démarches inutiles. Puis, les candidats pour tel type d'emploi sont informés par message écrit sur leur cellulaire dès que l'offre se présente. Ils peuvent alors écouter le message de l'employeur concerné et celui-ci peut faire de même avec les messages des candidats pertinents.

L'impact de la voix

Les choses peuvent bien sûr en rester là, si l'impression n'est pas favorable. Si tel n'est pas le cas, l'employeur peut alors convoquer le candidat pour une entrevue formelle. Ce type de service peut s'appliquer à une grande variété d'emplois, mais il est particulièrement pertinent pour certaines entreprises, par exemple les centres d'appels, qui sont du reste fort nombreux au Québec. Il va sans dire que la voix est un élément important pour les employés des centres d'appels, non seulement en ce qui concerne son timbre, mais aussi pour la qualité de la langue, la personnalité, la politesse, etc.

Michel Nadeau rappelle qu'à la Caisse de dépôt, quand il avait à embaucher quelqu'un, il voulait toujours lui parler au téléphone avant d'aller plus loin dans les discussions. Il souligne au demeurant que les curriculum vitae sont devenus une affaire très impersonnelle de nos jours, puisqu'il y a des entreprises qui se spécialisent dans leur préparation; les C.V. ne reflètent donc que très peu la vraie personnalité d'un candidat.

Voice Job offre son service sur Internet depuis un an, mais son service téléphonique n'est en place que depuis avril dernier (son lancement ayant eu lieu au Salon de l'emploi). La petite entreprise compterait présentement une centaine de clients dans différents domaines, comme la Banque Nationale, Telus, Groupe Investors. Il y aurait par ailleurs 10 000 inscriptions de candidats actifs, puisque le nom d'un candidat ayant trouvé un emploi est immédiatement retiré.

Néanmoins, M. Nadeau ne cache pas qu'il n'est pas facile de lancer une entreprise proposant un concept nouveau, qui n'est pas familier aux clients potentiels. Il en va de même pour les investisseurs. À ce jour, les trois actionnaires fondateurs ont investi environ 140 000 $ avec l'aide de certains appuis, dont la Fondation du maire et Sage-Côte-des-Neiges. Il faut donc, insiste M. Nadeau, fonctionner avec les coûts les plus bas possibles et avec un personnel qui jusqu'à maintenant a souvent travaillé bénévolement.

Voice Job compte cinq employés à temps plein et six ou sept autres à temps partiel, comme le comptable. Hakim Chickh fait preuve d'un grand enthousiasme et pense que l'entreprise pourra avant longtemps offrir ses services un peu partout au Québec et éventuellement à Toronto. Un bureau pourrait ouvrir ses portes à Québec même avant la fin de l'année.