Les risques demeurent élevés dans l’habitation au Canada

Cela fait maintenant deux ans que la Société canadienne d’hypothèques et de logement maintient au rouge son indice de vulnérabilité au Canada.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Cela fait maintenant deux ans que la Société canadienne d’hypothèques et de logement maintient au rouge son indice de vulnérabilité au Canada.

Le marché canadien de l’habitation continue de présenter un niveau de risque élevé en raison, notamment, de l’accélération des prix et de la persistance d’une surévaluation à Vancouver et à Toronto, rapporte la SCHL. Le Québec, quant à lui, s’en tire mieux.

Cela fait maintenant deux ans que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) maintient au rouge son indice de vulnérabilité au Canada. Prise tous les trois mois, cette mesure est établie en fonction des tendances en matière de prix, de logements disponibles et du rythme de mises en chantier comparés aux tendances historiques et aux facteurs fondamentaux, comme l’activité économique, le marché de l’emploi et la formation de nouveaux ménages. Dans son dernier rapport dévoilé mardi, l’agence fédérale continue ainsi à détecter des signes de surchauffe dans les régions de Victoria et de Vancouver en Colombie-Britannique, ainsi que des signes élevés de surévaluation dans les régions ontariennes d’Hamilton et de Toronto. Un risque « modéré » est aussi observable dans les Prairies, à Calgary, à Edmonton ou à Saskatoon.

La situation est différente au Québec, où le degré de vulnérabilité est jugé « faible ». S’appuyant sur le rythme de croissance de la population et des salaires, et en dépit du plus fort repli du taux d’inoccupation des appartements locatifs en plus de 15 ans, la SCHL garde, pour Montréal, son indicateur au vert pour un quatrième trimestre de suite. « Bien que le marché de la revente montréalais s’approche de plus en plus de la surchauffe étant donné le resserrement entre l’offre et la demande, il y a pour le moment peu de signes d’accélération de la croissance des prix. »

Pour la ville de Québec, la SCHL a révisé sa mesure du degré de vulnérabilité de « modéré » à « faible » en raison de l’atténuation des signes de construction excessive. « Néanmoins, la surveillance est de mise en ce qui a trait aux taux d’inoccupation des logements locatifs », prévient-on.

Histoire de règles et de taux

Le resserrement par les gouvernements de leur encadrement du marché de l’habitation et le relèvement des taux d’intérêt devraient ralentir un peu, sans vraiment affaiblir le marché canadien cette année et au début de l’année prochaine, a prédit la Banque TD dans une analyse dévoilée mardi. Les économistes Michael Dolega et Rishi Sondhi évoquent notamment l’entrée en vigueur, au début de l’année, de l’obligation pour les institutions financières de tester la capacité de leurs clients de résister à une hausse des taux d’intérêt avant de leur accorder une hypothèque. Ils rappellent aussi que la Banque du Canada a déjà relevé son taux directeur de 0,75 point depuis six mois, et qu’il devrait en faire encore au moins autant d’ici la fin de 2019.

Ce nouveau contexte devrait surtout peser sur les marchés en surchauffe de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, pense la TD, surtout que les autorités locales y ont resserré aussi leurs règles contre les spéculateurs étrangers.

L’histoire devrait être différente au Québec. « L’une des plus belles surprises sur le marché de l’habitation a été le Québec, estime la TD. Un marché du travail en santé et une confiance grandissante soutiennent une solide demande de logements, un marché de la revente qui se resserre et une hausse des prix. »

Dans ce contexte, le Québec devrait continuer de profiter d’un marché de l’habitation aux « performances relativement saines » et supérieures au reste du Canada.