La réglementation menace le bitcoin

Le bitcoin est en chute de quelque 50% depuis la fin de 2017. Jeudi vers 17 h, la cryptomonnaie s’échangeait à 11 378 $US.
Photo: Jack Guez Agence France-Presse Le bitcoin est en chute de quelque 50% depuis la fin de 2017. Jeudi vers 17 h, la cryptomonnaie s’échangeait à 11 378 $US.

La multiplication des menaces de réglementation a plombé le bitcoin. La cryptomonnaie est en chute de quelque 50 % depuis la fin de 2017.

La plus connue des monnaies numériques, le bitcoin, vit des moments difficiles depuis le début de l’année. Hier, vers 17 heures, elle s’échangeait à 11 378 $US, après avoir touché un bas en séance de 10 663 $US. Le bitcoin flirtait avec la barre des 20 000 $US il y a un mois.

Inquiets de cette flambée spéculative des cryptomonnaies ne reposant sur aucun fondement économique, les gouvernements multiplient les appels à la prudence et les intentions de réglementation. Jeudi, la France a reçu l’appui de l’Allemagne dans son intention de présenter des propositions en ce sens au prochain G20 des ministres des Finances, en mars prochain. « Nous avons les mêmes inquiétudes et nous partageons l’ambition de réguler le bitcoin », a affirmé le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse avec son homologue allemand à Bercy.

M. Le Maire a rappelé avoir confié une mission sur le bitcoin à Jean-Pierre Landau, ancien sous-gouverneur de la Banque de France, afin qu’il propose des évolutions sur sa réglementation.

Mardi, la plus populaire des monnaies virtuelles voyait son cours tomber momentanément sous les 10 000 $US, sous les indications voulant que la Corée du Sud imiterait la Chine en interdisant les plateformes d’échange de cryptomonnaies sous sa juridiction. Séoul a précisé qu’il ne s’agissait que d’une mesure envisagée parmi d’autres.

La Corée du Sud avait déjà resserré sa réglementation en novembre dernier en interdisant les échanges anonymes et en renforçant ses mécanismes de lutte contre la criminalité utilisant ces monnaies à des fins de blanchiment. Puis, une plateforme sud-coréenne d’échange de monnaies se déclarait en faillite après avoir été victime de piratage à deux reprises cette année. La plateforme Youbit avait souligné que l’actif en cryptomonnaie de ses clients devait être dévalué de 25 %.

En septembre les autorités bancaires chinoises interdisaient toute nouvelle émission de cryptomonnaies par des entreprises émettrices. Ces plateformes se voyaient également sommer de ne plus convertir leurs unités en devises réelles. Puis, les plateformes ont multiplié les fermetures, les autorités chinoises ne leur reconnaissant aucun fondement légal.

La Banque du Japon a également sonné l’alarme dans ce pays pourtant favorable aux monnaies numériques, qui abrite environ 40 % des échanges.

Si l’Asie est particulièrement friande de ces monnaies spéculatives, les craintes se sont propagées ailleurs. L’Autorité israélienne de réglementation des marchés financiers a indiqué en décembre envisager d’interdire l’inscription à la cote de la Bourse de Tel-Aviv des entreprises basées sur la cryptomonnaie. La Commission européenne et la Réserve fédérale américaine ont également exprimé leur inquiétude.