Canada: les grands patrons gagnent 149 fois le salaire moyen

Les Américains trônent toutefois au sommet de la liste avec un écart de 265 fois pour une rémunération totale moyenne de 14,3 millions.
Photo: Lee Wu CC Les Américains trônent toutefois au sommet de la liste avec un écart de 265 fois pour une rémunération totale moyenne de 14,3 millions.

Le Canada se classe au septième rang pour ses patrons les mieux payés. La rémunération moyenne d’un chef de direction atteint 149 fois celle du travailleur moyen.

La liste vient de l’agence financière Bloomberg. Le classement porte sur le revenu total des dirigeants d’entreprise composant les principaux indices boursiers. Ainsi, un chef de direction au Canada a reçu une rémunération totale moyenne de 6,5 millions $US, selon une compilation faite en décembre, soit 149 fois celle du travailleur moyen. Il arrive au 7e rang d’un classement mondial mesurant l’écart de revenus dans 22 pays.

Les Américains trônent toutefois au sommet de la liste avec un écart de 265 fois pour une rémunération totale moyenne de 14,3 millions comprenant salaire, fixe et variable, actions et primes de retraite. Il faut retenir toutefois que le différentiel canado-américain n’est pas sans refléter, en partie, une performance boursière contrastée. En Bourse, les progressions des indices à ce jour atteignent les 20-25 % à New York, les 6 % à Toronto.

Arrive deuxième l’Inde, avec un écart de 229 fois, puis le Royaume-Uni, avec un écart de 201. Les autres tombent sous la barre des 200 fois. Dans son étude, Bloomberg retient toutefois une mesure peu précise. L’agence mesure le revenu moyen des travailleurs selon le PIB par habitant, calculé en parité de pouvoir d’achat.

Au bas de la liste, la Norvège ferme la marche avec un écart de 20 fois. Les autres principaux pays nordiques arrivent aux 14e et 18e rangs, occupés respectivement par la Finlande (71 fois) et la Suède (60 fois). En Chine, au 10e rang, le chef de direction reçoit une rémunération moyenne équivalant à ce que gagnent 127 travailleurs.

Hausse en 2016

En juin dernier, le Globe and Mail publiait les données 2016 de la rémunération de la haute direction des 100 plus grosses compagnies canadiennes inscrites en Bourse. La rémunération médiane des chefs de direction avait progressé de 10,8 % par rapport à 2015 pour se chiffrer à 6,3 millions $CAN. Le salaire médian de base du chef de direction avait augmenté de 5,6 % et le bonus médian, de 3,8 %. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans l’octroi d’options d’achat d’actions, en hausse de 13,3 %, voire dans l’émission d’actions et équivalents, en augmentation de 25,6 %. Le quotidien torontois ajoute dans sa liste la valeur des régimes de pension lorsqu’il y a présence de régimes à prestations déterminées.

À cette compilation, il fallait ajouter la valeur médiane des options non exercées et celle des actions (ou équivalents) versées mais non acquises, à 3,8 millions, gonflant à 16,1 millions la valeur médiane des actions octroyées. Et bonifier le tout du coût médian des régimes à prestations déterminées.

7 commentaires
  • Jean-Marc Tremblay - Abonné 29 décembre 2017 04 h 15

    salaire max?


    Notre système capitaliste est malade, et nous courons à notre fin. Ces écarts de revenu excessifs n'en sont qu'un autre exemple. "Soit nous changeons notre système par un effort communautaire massif, soit ce système s’effondrera sous le poids de ses excès, qu’ils soient économiques, sociaux ou écologiques".

    Suite au "salaire minimum", pour quand le "salaire maximum"?

  • Yves Côté - Abonné 29 décembre 2017 07 h 47

    J'espère au moins...

    "La rémunération moyenne d’un chef de direction atteint 149 fois celle du travailleur moyen" ?
    Si ce n'est pas triste un peu ?
    Comment vivre avec si peu ?, mais ce sont des héros !
    J'espère au moins qu'un nombre considérable d'eux a pu profiter de la guignolée annuelle pour se refaire un peu la cerise...
    Autrement, nos bons grands dirigeants seront bientôt obligés de déménager plus au sud pour s'assurer d'un train de vie au minimum convenable.

  • Marguerite Paradis - Abonnée 29 décembre 2017 08 h 39

    EN BONUS : UNE DINDE POUR NOS PATRONS S.V.P.

    Merci monsieur Bérubé pour ce rappel.
    Il serait intéressant de savoir pourquoi et comment certains pays arrivent-ils à contrôler l'appétit de leurs patrons?
    M.P.

  • Jean-Marc Tremblay - Abonné 29 décembre 2017 08 h 43

    photo symbolique....


    symbolique de voir la limousine, sur la photo ci-haut, qui semble vouloir s’apprêter à faucher ces vulgaires piétons qui gagnent probablement 265 fois moins d’argent….

  • André Labelle - Abonné 29 décembre 2017 13 h 26

    LES LEÇONS DE L'HISTOIRE

    La révolution française, la révolution russe, sont des exemples typiques où les injustices sociales, la misère de beaucoup et la richesse outrancière de quelques uns ont conduits à de puissants chambardements très violents menant à un certain équilibrage des composants sociaux.

    L'enrichissement outrancier actuel des certains privilégiés n'est-il pas en train de paver la voie à un autre équilibrage social ? La ploutocratie qui profite de cet enrichissement immoral aura-t-elle la capacité de se protéger d'une éventuelle violence qui pourrait, fort compréhensivement d'ailleurs, la prendre comme cible ?

    «Comme le dit un jour un homme d'esprit, le cannibalisme fit place au capitalisme lorsque l'homme se rendit compte qu'il était plus rentable d'exploiter son prochain que de le manger.»
    [Lytle W. Robinson]

    Et en prime :
    «Une petite rébellion de temps en temps, c'est comme un orage qui purifie l'atmosphère.»
    [Thomas Jefferson]

    • Jean-Yves Arès - Abonné 29 décembre 2017 13 h 43


      Wouin, pas sûr qu'il y ai une révolution qui pointe ici.

      Juste a voir l'indignation manifestée devant la présence de paradis fiscaux,

      Et qui se désouffle complètement devant le fait que a peu près tous les grands fonds de retraites les utilisent...

      Là c'est ben-correct vue que c'est a mon bénéfice !

    • André Labelle - Abonné 29 décembre 2017 14 h 08

      Re : M Arès

      Qui vivra verra !

      Mais vous avez raison. Aujourd'hui, nos sociétés ont un peu prévu le coup en mettant en place certaines mesures de redistribution de la richesse.

      Par contre voyez ce qui se passe aux USA où Trump est en train de démolir un grand nombre de ces mesures qui pouvaient agir comme soupapes.

      Comme je le disais plus haut : qui vivra verra !

      «Le capitalisme ne donne pas ce qu’il a promis et donne ce qu’il n’a pas promis : la pollution, le chômage et – c’est le plus important – la dégradation des valeurs jusqu’au niveau où tout est acceptable et où personne n’est responsable»
      [Joseph E. Stiglitz; Le Prix de l’Inégalité] Nobel d'Économie.