Forte hausse du PIB québécois

Le déficit commercial au troisième trimestre de 2017 s’est établi à 18 milliards.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le déficit commercial au troisième trimestre de 2017 s’est établi à 18 milliards.

L’économie du Québec prolonge sa séquence dite heureuse. Son PIB a crû au rythme annuel de 4,3 % au troisième trimestre.

Le PIB du Québec a augmenté de 1,1 % au troisième trimestre, ce qui équivaut à une croissance annualisée de 4,3 % de loin supérieure à la moyenne canadienne. Au Canada, la hausse au troisième trimestre a été de à 0,4 %, de 1,7 % sur une base annualisée. L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) précise toutefois qu’après neuf mois, la croissance par rapport à la période correspondante de 2016 se chiffre à 2,9 % et ce, tant au Québec qu’au Canada.

L’ISQ retient que « la demande intérieure finale augmente de 1,1 % au troisième trimestre, poursuivant ainsi sa croissance entamée au début du second semestre de 2015 ». Les dépenses de consommation sont au rendez-vous, avec une progression de 0,7 % plus prononcée du côté des administrations publiques (+ 1 %) que de celui des ménages (+ 0,6 %).

Les entreprises contribuent également à l’activité. « La formation brute de capital fixe s’apprécie de 2,7 %, une hausse davantage soutenue par l’investissement des entreprises (+ 3 %) que par celui des administrations publiques (+ 1,6 %) », ajoute l’ISQ.

Le tout est cependant plombé par le secteur extérieur. La chute de 1,3 % des exportations au troisième trimestre étant supérieure à celle de 0,5 % des importations, il en résulte une détérioration du solde du commerce extérieur, avec un déficit commercial de 18 milliards au troisième trimestre de 2017.

L’économiste Marc Pinsonneault, de la Banque Nationale, retient qu’avec ces résultats, il s’agit du quatrième trimestre de suite où l’économie du Québec a crû d’au moins 2,7 % en rythme annuel, et un septième de suite « où la croissance a été nettement supérieure à celle du PIB potentiel. Durant cette heureuse séquence, la contribution de la demande intérieure finale a été déterminante ».

L’économiste ajoute qu’en dollars courants, la croissance de la rémunération des salariés est la plus prononcée. « Certes, la croissance des dépenses de consommation réelle des ménages n’a pas été à la hauteur de celle de l’ensemble des ménages canadiens (+ 2,3 % contre + 4 %), mais ce faisant, les ménages québécois se sont réservé une marge de manoeuvre confortable, avec un taux d’épargne net de 5,2 % contre 1,9 % dans le reste du Canada. »

Pour la suite des choses, « la création d’emplois, les ventes au détail et les mises en chantier de logements ont bien débuté au quatrième trimestre, mais la forte accumulation de stocks depuis quelques trimestres pourrait décider les entreprises à freiner la cadence. » Marc Pinsonneault profite tout de même de l’occasion pour revoir à la hausse son scénario de croissance en 2017, la progression attendue du PIB québécois étant désormais de 3 %.