Hydro-Québec convoite un important contrat au Massachusetts

La société d’État propose trois lignes de transport afin d’acheminer l’électricité au Massachusetts, soit par des interconnexions situées au Vermont, au Maine ainsi qu’au New Hampshire avec le Northern Pass.
Photo: iStock La société d’État propose trois lignes de transport afin d’acheminer l’électricité au Massachusetts, soit par des interconnexions situées au Vermont, au Maine ainsi qu’au New Hampshire avec le Northern Pass.

Hydro-Québec a décidé « d’ouvrir les vannes » en proposant six options au Massachusetts dans l’espoir de décrocher un contrat d’approvisionnement d’une durée de 20 ans qui pourrait générer des centaines de millions de dollars en revenus.

Sa proposition déposée jeudi porte sur au moins 8,3 des 9,45 térawattheures d’électricité que cet État de la Nouvelle-Angleterre — qui consomme chaque année environ 60 térawattheures — souhaite acheter annuellement. L’appel d’offres du Massachusetts découle d’une loi adoptée en 2016 qui oblige les sociétés énergétiques à se procurer 9,45 térawattheures d’énergie renouvelable ainsi que jusqu’à 1600 mégawatts d’énergie éolienne produite en mer.

« Hydro-Québec fait partie de la solution, estime le vice-président au développement des affaires de la société d’État, Steve Demers. Nous ne sommes pas la seule solution, mais notre stratégie vient ajouter de la valeur. » Pour l’instant, Hydro-Québec ne s’avance pas sur les revenus générés par l’obtention d’un éventuel contrat. La société d’État convient qu’une entente avec le Massachusetts serait au coeur de sa stratégie visant à doubler son chiffre d’affaires d’ici 2030.

La société d’État propose trois lignes de transport afin d’acheminer l’électricité au Massachusetts, soit par des interconnexions situées au Vermont, au Maine ainsi qu’au New Hampshire avec le Northern Pass. Ce projet, dont la mise en service est prévue en 2020 si l’option est retenue par les autorités américaines, a fait l’objet de critiques des deux côtés de la frontière. Pour les trois scénarios, Hydro-Québec propose une option d’approvisionnement uniquement avec de l’hydroélectricité ainsi qu’une combinaison d’hydroélectricité et d’énergie éolienne.

Advenant que le Massachusetts choisisse la deuxième option, Gaz Métro et Boralex ajouteraient une quatrième phase de 300 mégawatts aux parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré dans le cadre d’un investissement qui pourrait atteindre 700 millions. « Notre pari, c’est que le produit éolien que l’on offre soit exactement ce qui est recherché au Massachusetts, explique le directeur du développement chez Boralex, Rafael Bourrelis. L’hydroélectricité permet de stabiliser la production et l’éolien apporte une valeur environnementale supplémentaire. »

Des trois lignes de transport, le projet du Northern Pass, développé avec la compagnie américaine Eversource, est le plus avancé. Hydro-Québec a toutefois entrepris en avril des études préliminaires pour les options du Maine et du Vermont. Advenant que le tracé du Northern Pass ne soit pas celui retenu, cette décision ne compromettrait pas l’avenir de ce projet, dont la construction n’a pas encore débuté, assure M. Demers.

1 commentaire
  • Jean-Yves Arès - Abonné 28 juillet 2017 13 h 40

    De la transparence s'il vous plaît, comme il se fait ailleurs.


    Hydro donne le choix entre de l'électricité de source hydraulique et de source mixte hydraulique/éolienne. Donc si le Massachusetts choisit l'hydraulique les consommateurs du Québec se retrouve a brader leur production de loin la plus fiable, la plus pérenne, et celle qui lui coûte la moins cher, et la vend a petit prix a nos voisins du sud. Et pour ensuite nous réserver a nous-mêmes celle moins stable, moins durable (durée de vie de 25 pour l'éolien) et bien plus cher.

    Le tout en prétendant faire un opération très très rentable et bénéfique... pour Hydro. Pas pour ses clients et propriétaires que nous sommes.

    Au minimum il faudrait qu'on change sérieusement de cap chez Hydro par rapport a la transparence de leurs activités de production et activits de vente a l'étrangers.

    Si Hydro offre une livraison d'un mixte d'énergie c'est qu'elle peut départager ses sources. Et donc savoir de quelle source provient ce qu'elle exporte.

    Pourtant jusqu'ici elle n'a pas voulue le faire publiquement. Probablement parce qu'en dévoilant les sources on peut établir le coût de la production exportée, et ainsi vérifier s'il y a vraiment un bénéfice a faire de l'exportation.

    Mais Hydro ne deviendra transparente sous les pressions du saint-esprit. Il faut une loi qui oblige a cette transparence. Et là ça se gâte, les lois sont faites par les politiciens, qui eux sont les premiers a vouloir dire quoi faire Hydro le plus opaquement possible. Ainsi on n'a vraiment pas apprécier au gouvernement qu'Hydro sous Thierry Vandal explique que l'augmentation des prix au consommateur était en grande partie dû a l'ajout de l'éolien.

    Et ou est monsieur Vandal aujourd'hui ?