Un comité qui ne laisse pas de traces

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, annonce la nomination de Monique Leroux (à droite) pour présider le Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation, en octobre 2016.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, annonce la nomination de Monique Leroux (à droite) pour présider le Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation, en octobre 2016.

Depuis sa création l’automne dernier par le gouvernement Couillard, le Conseil consultatif sur l’économie et l’innovation, principalement composé de gens d’affaires bénévoles, mais doté d’un budget de 1,7 million de dollars, n’a laissé aucune trace de ses nombreuses rencontres, a appris Le Devoir.

Ce comité présidé par l’ex-présidente du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, avait été annoncé en octobre dernier par le premier ministre Philippe Couillard. Il regroupe 31 personnalités du milieu des affaires, de la finance et du monde universitaire qui ont le mandat de formuler des recommandations « sur l’accroissement de l’innovation, de la recherche et de la compétitivité des entreprises ».

Le conseil consultatif s’est réuni une première fois le 4 novembre 2016. Depuis, « plusieurs dizaines » de rencontres regroupant tous les membres ou concernant des thématiques précises ont été organisées, indique Investissement Québec en réponse à une demande d’accès à l’information.

Or, il n’est pas possible de connaître la nature des discussions qui ont eu lieu lors de ces rencontres, puisqu’elles « n’ont pas été structurées avec des procès-verbaux ». « Une approche interactive a plutôt été privilégiée », souligne Investissement Québec.

Le conseil consultatif doit remettre un rapport préliminaire à l’automne et terminer ses travaux d’ici la fin de l’année 2017, pour ensuite déposer un rapport final.

Budget de fonctionnement

Les membres du comité ont accepté d’y participer de manière bénévole, mais le conseil consultatif est malgré tout doté d’un budget de fonctionnement de 1 768 500 $.

Cette somme sert essentiellement à payer les trois employés embauchés pour soutenir les membres du conseil, la rédaction de rapports ou d’études et la nourriture consommée lors des rencontres, a expliqué la porte-parole d’Investissement Québec, Chantal Corbeil, au Journal de Montréal en avril dernier. Mme Corbeil n’avait pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes.

Après cinq mois d’activités, le comité avait dépensé 200 000 $. Il n’a pas été possible d’obtenir une estimation plus à jour vendredi. Au cours des derniers mois, le gouvernement Couillard a établi ses priorités en dévoilant de nouvelles stratégies concernant les exportations, le manufacturier innovant ou encore la recherche et l’innovation. À quoi pourront donc servir les recommandations du conseil consultatif ?

« Les stratégies qu’on déploie ne doivent pas être statiques. Si le comité arrive avec une superbe idée à l’automne qui mérite réflexion, il va falloir qu’on se penche là-dessus », a rétorqué la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, le mois dernier en entrevue au Devoir.

« Déjà, le comité s’est penché sur un certain nombre de questions, notamment la recherche et l’innovation. Avant le budget [déposé en mars], le comité nous a fait part de tous ses commentaires pour qu’on puisse en intégrer un certain nombre », avait-elle ajouté.

3 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 15 juillet 2017 07 h 52

    Un autre foutoir

    Le secret est rarement une bonne idée en gouvernance. En général, il accompagne tout ce dont un gouvernement pourrait rougir.

    Dans le domaine de l'innovation, on pourrait penser que tout investissement ne peut être que bénéfique. La recherche est plus quer jamais essentielle à la bonne marche économique et sociale.

    Ouain. Mon oeil.
    La toute premiere question est : à qui les subventions profieront ? Il est connu que la recherche dans les grandes compagnies mène très rarement à des résultats, et si oui ceux-ci arrivent très lentement. Pour faire court, la recherche dans les grandes compagnies ne créent pas de job, ou très peu, et concentre encore plus la richesse.
    À qui irons les subventions ? Comme d'habitude... Ce gouvernement est ineffable.

    Le Québec est un monde de PME. On a toujours dit que l'esprit novateur est riche et grouillant dans les régions. Je suppose que ce trait n'est pas disparu.
    Mais la raison principale est le manque de grands capitaux. Ce fait, auquel déjà Parizeau tentait de pallier avec Québec inc, mène à des initiatives régionales qui prennent beaucoup de temps à décoller et qui justement on besoin d'appui.

    C'est là que le gouvernement peut agir. Mais comment ?

    Faut-il dire que c'est ce gouvernement qui a fait disparaître tous les bureaux d'appui aux initiatives privées dans les régions ? Cette énorme bêtise doit être réparée, aucun doute, mais ceci ne concerne pas forcément la recherche.

    Du point de vue de la recherche, le caractère novateur de la compagnie elle-même doit être pris en compte et placé en priorité. Out les grandes entreprises.
    La structure de la compagnie aussi : alors des parts dans la compagnie en autant qu'elles sont minoritaires (le reste en prêt), sinon dans une structure coopérative un investissement et non un prêt.

    Y a-t-il une chance sur mille pour que le gouvernement agisse en ce sens ?

    Gageons pour les grands compagnies étrangères. Bin quin!

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 juillet 2017 18 h 35

    Du vent et du vide

    c'est l'ADN du PLQ avec en plus la destruction de structures régionales.Voila 1.7 million
    pour nourrir 31 personnages tentant de rescaper l'inaptitude de ce gouvernement
    bien aimé,comme disait un commetaire aujourd'hui meme,par les mollusques.

    • Louise Collette - Abonnée 16 juillet 2017 07 h 20

      Un <<show d'boucane>>