Forte création d’emplois en juin aux États-Unis

Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine
Photo: Andrew Caballero-Reynolds Agence France-Presse Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine

Le dynamisme des nouvelles embauches en juin aux États-Unis, près de six mois après l’élection de Donald Trump, devrait lever les doutes sur la santé de la reprise de la première économie mondiale après des indicateurs mitigés ces dernières semaines.

La création d’emplois a très largement dépassé les attentes des analystes au cours du premier mois d’été favorable aux emplois saisonniers, mais les salaires n’augmentent guère, selon les chiffres du département du Travail publiés vendredi.

L’économie américaine a créé 222 000 emplois le mois dernier. Le taux de chômage, qui en mai avait été à son plus bas en 16 ans, est remonté d’un dixième de point à 4,4 %, à la faveur de nouveaux entrants sur le marché du travail. Le ministère a en outre révisé en hausse de 47 000 les chiffres des créations d’emplois d’avril et de mai. En mai, l’économie a finalement créé 152 000 postes.

Mais ces bons chiffres reflètent aussi l’état du marché du travail au début de l’été, période où de nombreux étudiants et jeunes diplômés trouvent un emploi pour les vacances ou leur premier poste. Malgré ces fortes créations de postes, le taux de chômage, qui fait l’objet d’une enquête statistique séparée, est remonté du fait d’une nouvelle arrivée de plusieurs centaines de milliers de personnes à la recherche d’un emploi.

Le taux de participation à l’emploi a ainsi augmenté d’un dixième de point à 62,8 %, ce qui est une bonne nouvelle pour l’économie et un signe de confiance dans la possibilité de trouver un emploi.

Moins bonne nouvelle en revanche, l’augmentation des rémunérations reste faible, le salaire horaire moyen n’augmentant que de 4 ¢ US à 26,25 $US. Cela représente à peine 0,2 % sur le mois et 2,5 % sur l’année, guère au-dessus de l’inflation (1,9 % sur un an, selon l’indice CPI).

La publication de ces chiffres intervient peu avant une audition de Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine, le 12 juillet devant une commission du Congrès et à trois semaines d’une réunion monétaire de la Fed. La Fed, qui a relevé les taux d’intérêt deux fois cette année, ne devrait pas agir à nouveau en juillet, mais elle s’interroge sur le calendrier de la troisième modeste hausse qu’elle a promis, pour septembre ou décembre.

De solides embauches lui montrent que le marché de l’emploi est de plus en plus étroit et devrait à terme, même si ce n’est pas encore visible, doper les rémunérations avec un risque d’enflammer l’inflation.

Alors qu’un tour de vis monétaire de la Fed ne se fait concrètement sentir dans l’économie que douze à dix mois plus tard, la banque centrale pourrait être tentée d’agir de façon préventive en relevant le coût du crédit à nouveau dès septembre. « La faiblesse de l’augmentation des salaires ne devrait pas être un obstacle à une remontée des taux en septembre si les créations d’emplois de juillet et d’août dépassent 200 000 par mois », affirme Ian Shepherdson.

1 commentaire
  • Pierre Robineault - Abonné 7 juillet 2017 17 h 54

    Pas nouveau!

    Il arrive souvent depuis un certain temps que le nombre d'emplois augmente, mais jamais celui des salaires. Je suis en train de me demander pourquoi!