L’objectif de 100 000 véhicules électriques demeure atteignable

Le Québec, qui achète la moitié des voitures électriques au Canada, en compte environ 14 400 en circulation.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Québec, qui achète la moitié des voitures électriques au Canada, en compte environ 14 400 en circulation.

L’objectif de voir 100 000 véhicules branchables sur les routes du Québec d’ici 2020 demeure atteignable, estime le gouvernement dans une analyse publiée cette semaine avec le projet de règlement sur la vente de véhicules zéro émission (VZE).

Le Québec, qui achète la moitié des voitures électriques au Canada, compte environ 14 400 voitures en circulation. Selon l’analyse technique publiée le 5 juillet par le ministère de l’Environnement, le « scénario du projet de règlement » prévoit 24 780 véhicules en 2018, 64 090 en 2020, 95 490 en 2021 et 132 462 en 2022.

Source: ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Cependant, d’autres facteurs influencent les ventes, comme l’enthousiasme « grandissant » pour les voitures électriques et les autres programmes du gouvernement, et « permettraient l’atteinte de l’objectif d’immatriculation de 100 000 véhicules électriques au Québec en 2020 ».

L’objectif des 100 000 véhicules est un pilier de la stratégie d’électrification des transports 2015-2020, laquelle s’inscrit dans les efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le gouvernement, qui offre des rabais pouvant atteindre 8000 $ sur une voiture entièrement électrique, a adopté l’an dernier le projet de loi 104, qui obligera les constructeurs à atteindre des cibles de ventes de véhicules branchables. La vente permettra aux constructeurs visés — ceux qui vendent ou louent plus de 4500 voitures neuves par année — d’obtenir des crédits échangeables.

Québec a publié mercredi le projet de règlement qui encadrera cet octroi de crédits, un exercice reposant notamment sur des formules mathématiques. Quiconque veut soumettre des commentaires a 45 jours pour le faire.

« Le projet de règlement permet aux consommateurs de bénéficier d’une plus grande offre de véhicules zéro émission et de véhicules à faibles émissions, d’un choix de modèles diversifiés et d’un meilleur service chez les concessionnaires », peut-on lire dans l’analyse.

« Au total, le projet de règlement génère légèrement moins d’avantages que de coûts pour les années modèles 2019 à 2025. En effet, les ratios avantages/coûts varient entre 0,84 et 0,94 selon l’année modèle et s’améliorent dans le temps. Pour les années modèles 2026 et suivantes, les avantages pourraient dépasser les coûts en raison de la diminution potentielle des coûts des batteries et de l’augmentation des prix de l’essence », ajoute le document.

Source: ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Impact financier net

Québec estime que l’impact net total pour la province sera de -26 millions pour l’année modèle 2019. Par exemple, alors qu’Hydro-Québec vendra un peu plus d’électricité, les consommateurs ne feront plus le plein et le gouvernement récoltera moins de taxes sur l’essence. De plus, Québec prévoit un impact financier de 30,5 millions sur les constructeurs, et de 9,7 sur les stations-service et raffineries.

« Nous ne sommes pas d’accord avec la prémisse que la loi 104 augmentera de façon importante l’introduction de véhicules zéro émission au Québec », a indiqué dans un communiqué David Adams, le président des Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada (CMAC). Selon lui, « face à une demande limitée de VZE au Québec, cette loi causera des distorsions dans le marché » et nuira aux clients et aux concessionnaires.

Les CMAC ont mentionné que certains éléments du règlement n’étaient pas prévus au départ. Invité à préciser, M. Adams a indiqué dans un courriel, par exemple, que Québec veut plafonner le total des crédits qu’un constructeur peut accumuler pour usage futur.

« À l’heure actuelle, il y a un gros lobby de la part du secteur manufacturier canadien », dit Sylvain Juteau, fondateur du blogue Roulez électrique. « Mais je peux vous sortir des dizaines de noms d’électromobilistes qui attendent un véhicule électrique qui est non disponible, que ce soit une Ioniq de Hyundai, une eGolf ou la Bolt de Chevrolet. D’ailleurs, pour la Bolt [qui est déjà sur le marché], les livraisons sont rendues en 2018. »