Un trimestre difficile pour le commerce international du Québec

Les importations de marchandises du Québec ont augmenté de 0,9% en mars, contre une baisse de 0,3% au Canada.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les importations de marchandises du Québec ont augmenté de 0,9% en mars, contre une baisse de 0,3% au Canada.

Le bond des exportations en mars ne suffit pas à éponger la faiblesse des deux mois précédents. Le commerce international vient donc amputer la croissance économique du Québec au premier trimestre.

Les exportations du Québec ont augmenté de 10,6 % en mars, multipliant par quatre la hausse de 2,6 % observée à l’échelle canadienne. Mais au cumul pour le premier trimestre, le volume est inférieur de 1,8 % à celui du trimestre correspondant en 2016, contre une baisse de 0,8 % au Canada, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 20,9 % en mars, représentant 68,8 % des exportations québécoises. Vers l’Europe, elles augmentent de 33,1 % et représentent 15,1 % des exportations du Québec. La progression est de 36,6 % vers l’Asie, ce continent comptant pour 8,9 % des exportations québécoises en mars.

Pour leur part, les importations de marchandises du Québec ont augmenté de 0,9 % en mars, contre une baisse de 0,3 % au Canada. Leur volume cumulatif pour le premier trimestre est cependant inférieur de 0,6 % au niveau enregistré pour le même trimestre en 2016, alors qu’il était en hausse de 2 % au Canada. Les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 21,9 %.

« En volume, le rebond des exportations en mars n’empêche pas ces dernières d’être les plus faibles pour un premier trimestre en trois ans », a noté Marc Pinsonneault. L’économiste principal à la Banque Nationale croit toutefois que cette donnée pourrait être révisée à la hausse. « Mais pour le moment, la faiblesse du volume des exportations en janvier et février fait en sorte que le commerce international a retranché à la croissance économique au premier trimestre. »

« À moins que le différend commercial avec les États-Unis ne s’aggrave profondément, nous croyons toujours que les exportations québécoises seront relancées en 2017, en particulier par l’expansion continue de l’économie américaine et le taux de change favorable avec le billet vert. Selon nous, le commerce international devrait contribuer au fait que la croissance économique du Québec s’établira à 1,7 % en 2017 », a ajouté Marc Pinsonneault.

Son homologue au Mouvement Desjardins, Hélène Bégin, est moins affirmative. L’économiste maintient que « l’économie du Québec devrait connaître une bonne croissance du PIB réel au premier trimestre en dépit du recul des exportations internationales ». S’il n’est pas certain que celles-ci se redresseront à compter du deuxième trimestre, ajoute-t-elle, « l’économie est toutefois bien soutenue par les ménages, ce qui devrait permettre au PIB réel de maintenir une bonne vitesse de croisière ».

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