L’excédent de Québec franchit le seuil des 2 milliards

Le ministre des Finances, Carlos Leitão
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le ministre des Finances, Carlos Leitão

Après neuf mois, les finances du gouvernement québécois affichent un excédent d’un peu plus de 2,3 milliards, rendu possible grâce à une injection de 376 millions générés lors du seul mois de décembre.

Dévoilé vendredi dernier dans le plus récent Rapport mensuel des opérations financières, ce portrait global — mais préliminaire — survient à quelques semaines d’un budget Leitão particulièrement attendu, entre autres parmi les groupes qui demandent des réinvestissements dans les services publics après des années de resserrements.

Si l’on exclut la somme versée au Fonds des générations, outil d’accumulation consacré au remboursement de la dette, le surplus qui émerge des livres du gouvernement atteint 3,78 milliards sur neuf mois.

Le gouvernement Couillard, qui prévoyait à l’automne dernier un exercice équilibré après le versement au Fonds des générations, entend déposer son budget 2017-2018 à la fin du mois de mars.

« C’est un gros excédent », a dit l’économiste Jean-Pierre Aubry, fellow invité au collectif de recherche CIRANO. « Le Fonds des générations est un surplus structurel », a-t-il affirmé.

Les surplus de Québec sur neuf mois reposent sur plusieurs facteurs, dont une hausse de 2,1 % de ses revenus autonomes, beaucoup plus que la croissance de 1,4 % sur laquelle le gouvernement table pour l’ensemble de l’année financière. Du côté des dépenses, la hausse de celles des programmes n’est que de 1,7 % par rapport à la même période l’an dernier, alors que le service de la dette coûte 5,6 % de moins.

Le ministère des Finances a généralement l’habitude de faire des mises en garde sur les données mensuelles en insistant sur les variations importantes qui peuvent survenir. Les données pour l’exercice complet seront connues au mois de juin. Les données finales sont ensuite publiées dans les Comptes publics, à l’automne.

Que privilégier ?

L’Association des économistes du Québec (ASDEQ) a récemment transmis un certain nombre de recommandations au gouvernement Couillard, dont l’investissement en éducation et dans la formation de la main-d’oeuvre.

« Le gouvernement a procédé à une prise de contrôle des finances publiques, a écrit l’ASDEQ. L’Association estime qu’il y a lieu de poursuivre dans cette voie, mais avec discernement et une grande attention aux conséquences sociales des coupes visant certains programmes, notamment lorsqu’elles touchent les groupes les plus démunis et les plus vulnérables» Le gouvernement Couillard a déjà annoncé plus de 400 millions pour la santé et l’éducation à l’automne 2016.

Au chapitre des soins de santé, dont les coûts de système marquent un élément important des finances publiques, Québec s’est récemment entendu avec Ottawa sur les transferts. Après avoir bénéficié de taux de croissance de 6 % par année à ce chapitre, le gouvernement du Québec verra ce rythme d’augmentation diminuer à 3 %. À cela se greffe un montant de 2,5 milliards sur 10 ans pour la santé mentale et les soins à domicile, mais le gros de la somme arrivera dans les coffres de Québec après la prochaine élection fédérale.

Les provinces, qui ont tour à tour signé des ententes avec Ottawa sur les transferts, réclamaient à l’origine que le taux de croissance de ces sommes demeure à 6 %.

Le budget de Québec sera précédé de celui d’Ottawa, dont la publication est déjà prévue le 22 mars. Selon la mise à jour économique publiée à l’automne par le gouvernement Trudeau, il pourrait faire face à un déficit budgétaire de 27,8 milliards. Pour l’exercice en cours, le directeur parlementaire du budget a estimé que le déficit s’établirait à 20,5 milliards alors que le gouvernement Trudeau prévoyait un manque à gagner de 25,1 milliards.

7 commentaires
  • Alain Larouche - Inscrit 14 mars 2017 07 h 16

    Indécent

    Pendant ce temps-là les régions crèvent. Pertes d'emplois et de services par des coupures tout azimut. Réseau routier digne de l'ère de la série le "Le temps d'une paix". Une population en désarroi qui se voit perdre ses meilleurs éléments de sa main d'œuvre qualifiée. Tout ça au nom du sacro-saint capitalisme sauvage non pas de l'équilibibre budgétaire, mais le dogmatisme du surplus budgétaire.

  • Claude Bariteau - Abonné 14 mars 2017 08 h 13

    A-t-il compris ?

    Oui, ce ministre a-t-il compris que ses coupures n'ont fait qu'empirer le couperet canadien alors que les banques et les pétrolières s'en mettaient plein les poches, et des millionnaires dérivaient leurs profits dans des paradis fiscaux, lorsque le dollar « pétrofier » rendit la compétitivié d'entreprises québécoises plus que nulles, une situation qule gouvernement Charest a laissé s'amplifier pour les obliger à penser Canada ?

    Surtout a-t-il compris qu'une hausse du dollar avec l'exploitation du pétrole qui utilisera le territoire du Québec comme zone de transit et poussera le dollar à la hausse va faire chuter les gains actuels dont une grande partie s'est faite par des coupures de service pour la classe moyenne et des avantages indues offerts au plus riche du Québec ?

    Alors qu'attend ce gouvernement pour faire autre chose sur le plan économique que d'investir dans le nord et dans les abords du fleuve Saint-Laurent pour attirer des entreprises alors qu'il n'a pas de plan qui fait sens pour développer au Québec une économie qui utilise des énergies renouvelables avec des entreprises fortement invitées à hausser leur compétitivité pour éviter de disparaître ?

    Poser la question, c'est penser le Québec en dehors du giron des multinationales et de leurs valets locaux comme des sociétés associées au PLQ qui ne cherchent qu'à faire des gains à rabais et dans des secteurs, comme les services, l'éducation et la santé, où l'expertise du savoir local y est bien développé.

    Et poser la question c'est vouloir un autre ordre politiuqe et économique au Québec en évacuant du pouvoir des gens qui ne cherchent pas l'intérêt de l'ensemble des Québécois et des Québécoises, mais, avant tout, le leur pour plastronner et leurs amis proches du milieu des affaires pour s'approprier notre bien.

  • Francois Cossette - Inscrit 14 mars 2017 10 h 05

    De plus en plus pauvre

    Dans le meme temps, Revenu disponible par habitant: le Québec en queue de peloton, on n'en est pas surpris quand on sait toutes les ponctions fiscales faites par le plq depuis qu'il est au pouvoir. C'est rendu que meme lorsque tu payes tes impots toute l'annee il faut encore que tu payes lorsque tu fais ton rapport d'impot. L'appetit de ce gouvernement est sans fin. Il est le meilleur promoteur du travail au noir.

    • Nicole Delisle - Abonné 14 mars 2017 13 h 26

      Comme vous avez raison monsieur! La seule qualité de ce gouvernement et je dis bien la seule, est de briller par sa manière de venir vider les poches de ses citoyens! On a l'impression que leurs caucus ne servent qu'à trouver d'autres méthodes ambitieuses pour nous soutirer toujours plus d'argent. Quand ce parti parle d'économie, il faut entendre comment
      augmenter le "magot" de la province au détriment de la qualité de vie de ses habitants. Pas étonnant que le revenu disponible par citoyen baisse
      et que nous soyons à la traîne! De toute évidence, nous ne recevons pas
      l'équivalent de services que nous sommes en droit d'attendre de ce que nous donnons en taxes de toutes sortes et en impôts! Ce sont les nuls de la démocratie et de la justice citoyenne pour tous!

  • Bernard McCann - Abonné 14 mars 2017 12 h 18

    Indécent

    Effectivement, ce surplus budgétaire a été amassé à même les revenus et dépenses des québécois. Cet argent doit retourner dans les poches des travailleurs les moins nantis... Autrement, il s'agit bien d'un vol...

  • Gilles Théberge - Abonné 14 mars 2017 16 h 16

    Je ne peux pas croire que cet individu, temporairement ministre des finances, va se faire du capital politique avec le résultat des coupures sauvages qu'il a faites dans tous les secteurs depuis qu'il est au pouvoir...

    Ça me met en colère et ça m'indigne profondément.