Les chiffres sur l’emploi surprennent au Canada

L’emploi au Canada a progressé de 15 300 en février, soit trois fois plus que la prévision moyenne. 
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne L’emploi au Canada a progressé de 15 300 en février, soit trois fois plus que la prévision moyenne. 

L’emploi a bondi en février au Canada, à la surprise générale. Le marché du travail empruntait le chemin inverse au Québec et faisait une pause dans un rythme accéléré depuis l’été dernier.

Statistique Canada a précisé que l’emploi au Canada a progressé de 15 300 en février, soit trois fois plus que la prévision moyenne. Le taux de chômage a baissé de 0,2 point de pourcentage, à 6,6 %. L’augmentation de l’emploi en février était aux deux tiers redevable aux emplois à temps plein.

Par région, des gains ont été mesurés en Colombie-Britannique (+19 000), en Saskatchewan (+8000) et en Ontario (+5000). Dans cette dernière province, le taux de chômage s’est replié de 0,2 point, à 6,2 %. À l’inverse, le Québec a perdu 11 100 emplois le mois dernier, et le taux de chômage est passé de 6,2 à 6,4 %. Ce recul met fin à sept mois consécutifs de croissance, ont souligné les analystes.

« Le marché du travail canadien a créé le nombre éclatant de 219 000 emplois ces six derniers mois. Un tel rythme est inhabituel à ce stade-ci du cycle économique. Les données détaillées du rapport sont toutes positives, l’emploi à temps plein ayant bondi et le secteur privé occupant de nouveau le devant de la scène. Les deux indicateurs ont atteint au dernier semestre leur rythme le plus soutenu depuis 2012 », a commenté Matthieu Arseneau, économiste principal à la Banque Nationale. Il ajoute que l’augmentation des heures travaillées et des salaires horaires en février était un autre point positif, qui pourrait apaiser les craintes de la Banque du Canada au sujet de ces indicateurs. « Cela dit, nous continuons de penser qu’une correction statistique en termes d’embauches est possible après les récents chiffres disproportionné?s. »

Au Québec, l’Institut de la statistique (ISQ) va au-delà de la volatilité des données mensuelles pour indiquer que par rapport à février 2016, le Québec présente une variation de 83 000 emplois (+2 %), comparativement à 288 100 pour l’ensemble du Canada (+1,6 %). Et au cours des douze derniers mois, 36 900 personnes ont rejoint la population active.

« Sans surprise, le marché du travail s’est montré moins trépidant en février. Les gains substantiels engrangés depuis l’été ont fait place à un recul au Québec et à un piétinement en Ontario », a résumé Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. Elle a souligné que malgré le repli de février, « la moyenne mensuelle de l’emploi pour les six derniers mois demeure élevée. Au Québec, elle se chiffre à 8800 et en Ontario, elle est de 16 017, soit presque le double ».

Pour l’économiste de Desjardins, le contexte général demeure positif avec un niveau de confiance élevé chez les entreprises, l’activité plus soutenue dans l’Ouest et l’accélération de la reprise aux États-Unis. « Dans l’immédiat, des gains d’emplois sont attendus, mais ils pourraient être limités. Avec des taux de chômage qui avoisinent 6 % à 6,5 %, il devient de plus en plus difficile de satisfaire les besoins des employeurs, ce qui s’ajoute à une main-d’oeuvre qui se fait de plus en plus rare. »


Vigueur accrue en 2017

L’économie canadienne connaît un regain sur les plans de l’emploi et des mises en chantier, ainsi qu’une reprise des investissements dans le secteur de l’énergie, selon le dernier rapport Perspectives économiques RBC. L’institution prévoit une croissance du PIB du Canada de 2 % en 2017 et de 2,1 % en 2018. La consommation restera un moteur de croissance en 2017 et la croissance des exportations canadiennes devrait s’accélérer légèrement après des résultats inférieurs aux moyennes historiques en 2016, a résumé Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef chez RBC. Il a ajouté que l’écart des taux d’intérêt entre le Canada et les États-Unis sera un facteur plus important en 2017, avec un dollar américain s’appréciant par rapport à la plupart des autres grandes monnaies. La Banque du Canada ne devrait amorcer un resserrement qu’en 2018, croit-il.


À voir en vidéo