Des femmes plus présentes, mieux représentées, mais moins rémunérées sur le marché du travail

Dans le privé, le salaire horaire moyen des femmes était inférieur de 3,47$ à celui des hommes à la fin de 2015.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans le privé, le salaire horaire moyen des femmes était inférieur de 3,47$ à celui des hommes à la fin de 2015.

Les femmes sont plus présentes sur le marché du travail et mieux représentées dans les hautes fonctions. Leur rémunération suit, mais l’écart avec celle des hommes se fait persistant.

Le Québec se démarque au chapitre de la participation et de la représentativité féminines sur le marché du travail. L’Institut du Québec (IdQ) parle d’une année 2016 exceptionnelle, avec un taux d’activité des Québécoises à un sommet historique. « Si l’année 2016 s’est avérée exceptionnelle au Québec pour la création nette d’emplois, elle l’a été particulièrement pour les Québécoises. Ainsi, sur les 90 800 emplois créés dans la province en 2016, 62,5 % (soit 56 800 emplois) ont été [pourvus] par des femmes. Par surcroît, ce survol nous apprend que près de la moitié (47 %) des nouveaux emplois détenus par des femmes au Canada ont été créés au Québec », peut-on lire dans le communiqué diffusé mardi.

62,5%
Des 90 800 emplois créés au Québec en 2013, 56 800 ont été pourvus par des femmes

Cette création d’emplois couvre la période de décembre 2015 à décembre 2016. Quant à la moyenne de 36 000 emplois en 2016, les deux tiers, soit 24 000, reviennent aux femmes.

Un sommet

L’IdQ fait également ressortir un taux d’activité des femmes de 25 à 54 ans avoisinant les 86 % l’an dernier, un sommet. « Depuis 2000, ce taux a d’ailleurs fait un bond de près de neuf points de pourcentage, soit une des croissances les plus spectaculaires au Canada. »

En comparant avec les quatre provinces les plus peuplées du Canada, « le Québec figure aujourd’hui au premier rang en matière du nombre d’emplois détenus par des femmes alors qu’il y a 16 ans, la province se classait en queue de peloton à ce chapitre. Ce taux enregistre par ailleurs une progression constante au Québec depuis quelques années, alors qu’il plafonne en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta », poursuit l’IdQ.

L'organisme relève toutefois que « 16 % des postes occupés par les Québécoises de 25 à 54 ans sont des emplois à temps partiel alors que cette proportion ne s’élève qu’à 6 % chez les hommes québécois du même groupe d’âge ».

Haute direction

Ce contraste québécois se vérifie également dans la représentativité féminine au sein des conseils d’administration et dans les postes de haute direction. Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières ont publié mardi les données sur la représentation féminine au conseil et à la haute direction compilées par 667 émetteurs inscrits à la cote de la Bourse de Toronto dont la fin d’exercice tombait entre le 31 décembre 2015 et le 31 mars 2016. Les observations générales ont été publiées à la fin de septembre 2016. Dans une représentation faite le mois dernier, l’Autorité des marchés financiers (AMF) proposait une mise à jour québécoise.

Il est rappelé que l’objectif de la réglementation vise à accroître la transparence de l’information fournie. L’initiative s’appuie sur l’approche générale en matière de gouvernance : « Se conformer ou s’expliquer ».

86%
Taux d'activité des femmes âgées de 25 à 54 ans, un sommet historique au Québec

Il est entre autres mesuré que 18 % des postes d’administrateur étaient occupés par des femmes chez les émetteurs québécois, contre 12 % à l’échelle canadienne. Aussi, 38 % des émetteurs québécois se sont dotés d’une politique en matière de représentation féminine, contre 21 % chez les émetteurs du reste du Canada, et 17 % avaient retenu des cibles, contre 9 %.

Toujours selon les chiffres présentés par l’AMF, 71 % des émetteurs québécois comptaient sur la présence d’au moins une femme occupant un poste de haute direction, contre 59 % pour les autres émetteurs. Et 76 % disaient tenir compte de la représentation féminine lors des nominations à la haute direction, contre 58 % pour les autres.

Écart de rémunération

La rémunération suit, mais l’écart homme-femme persiste. L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a proposé mardi une lecture de la situation des femmes occupant des postes permanents à temps plein exigeant une formation universitaire, collégiale et secondaire au sein des entreprises québécoises de 200 employés et plus. L’analyse conclut à la persistance d’un écart, défavorable aux femmes, lorsque le salaire moyen avec les hommes est comparé.

En revanche, « il faut mentionner que le ratio de la rémunération horaire moyenne des travailleuses à temps plein âgées de 25 à 54 ans par rapport à celle de leurs confrères suit une tendance à la hausse depuis les 15 dernières années, ce qui signifie une réduction de l’écart entre les sexes. Le ratio du salaire horaire moyen femmes/hommes s’accroît d’environ 8 points de pourcentage au cours de cette période pour se situer aux alentours de 90 % en 2015 », est-il écrit.

Ce ratio est plus élevé dans le secteur public (92,6 %) que dans le secteur privé (88 %). Dans le privé, le salaire horaire moyen des femmes était inférieur de 3,47 $ à celui des hommes à la fin de 2015. Le différentiel était de 4,39 $ pour les postes non syndiqués, de 2,18 $ pour les syndiqués.

1 commentaire
  • Sylvain Bolduc - Abonné 8 mars 2017 22 h 29

    Peut-être parce que...

    Un salaire ne suffit plus avec ce gouvernement pour les ménages québécois, voilà la triste réalité.