Snapchat brille dans ses débuts en Bourse

Au centre, les parents du p.-d.g. de Snap, Evan Spiegel, applaudissent à l’inscription en Bourse de la compagnie.
Photo: Mark Lennihan Associated Press Au centre, les parents du p.-d.g. de Snap, Evan Spiegel, applaudissent à l’inscription en Bourse de la compagnie.

La première séance boursière de la société mère de Snapchat, application populaire chez les 18-34 ans, n’était même pas terminée jeudi que des analystes recommandaient déjà aux investisseurs de vendre leurs actions en raison, notamment, de la très forte concurrence.

Après avoir été inscrite à la Bourse de New York au prix de 17 $US, l’action de Snap Inc. s’est envolée, a été offerte au grand public investisseur et a conclu son baptême de Wall Street sur un gain de 44 % à 24,48 $US.

L’appel public à l’épargne, un des plus attendus des dernières années dans l’arène techno, survient en dépit d’un avenir trouble qui découle d’une longue série de pertes et d’une viabilité incertaine contre des joueurs bien établis comme Facebook, Instagram (propriété de Facebook), Twitter, Apple et Google.

Milliardaires sur papier

Au total, 200 millions d’actions ont été vendues, ce qui a généré une entrée instantanée de 3,4 milliards $US. Les deux cofondateurs ont chacun vendu 16 millions d’actions (et empoché 272 millions), tandis que certains investisseurs de la première heure ont aussi profité de l’occasion pour réaliser un profit sur leur mise initiale. Par ailleurs, puisqu’ils ont conservé l’essentiel de leurs actions pour garder le contrôle de la compagnie, les deux cofondateurs sont devenus par le fait même des milliardaires sur papier.

Snap Inc. se définit comme une société spécialisée dans la photographie, résultat de son application et de la vente des lunettes Spectacles permettant de saisir et de diffuser les moments du quoditien. Alimentée principalement par la vente de publicité, la compagnie a enregistré l’an dernier des revenus de 404 millions, ce qui en soit était en très forte hausse par rapport aux 59 millions de 2015.

À la fin de 2016, Snapchat comptait 158 millions d’usagers qui se branchent au moins une fois par jour. Lorsque la société de Mark Zuckerberg s’est inscrite en Bourse, Facebook comptait plus de 525 millions d’usagers réguliers. Les observateurs ont fait remarquer que le taux de croissance des nouveaux usagers de Snapchat a considérablement ralenti quand Instagram a déployé son mode« Stories »,qui reprend essentiellement le caractère éphémère des publications de Snapchat. Celles-ci disparaissent à tout jamais au bout d’un certain temps.

Vers le bas

Les grands acteurs de Wall Street qui ont permis l’entrée en Bourse se sont abstenus d’exprimer une opinion. Cela ouvre de facto la voie aux autres. La petite firme Pivotal Research Group a estimé jeudi matin que l’action de Snap devrait éventuellement descendre à 10 $US, ce qui traduirait une chute de plus de 40 % par rapport au prix de lancement de jeudi matin et de 60 % par rapport au cours de clôture à la fin de sa première séance.

Instinet, une autre firme dont la note d’analyse a été largement reprise par la presse financière, croit que le cours idéal de Snap se situe à 16 $US et que son appel public à l’épargne survient au moment où la croissance de son bassin d’usagers ralentit.

Les entrées en Bourse des sociétés du secteur technologique ont tendance à attirer l’attention en raison de la recherche éternelle du prochain grand succès commercial. D’autant plus que le capital de risque injecté dans les jeunes pousses atteint fréquemment les centaines de millions, cela faisant en sorte que les bailleurs de fonds de la Silicon Valley et de New York veulent un jour sortir du capital pour investir ailleurs.

Dans le cas de Snapchat, les investisseurs du départ ont mis au total plus de 2 milliards $US dans le cadre de huit rondes de financement.

Depuis leur entrée en Bourse, Facebook a vu son titre augmenter de 257 % alors que Twitter a vu le sien fondre de 62 %.