Après Shanghai, ce n’est pas fini pour Montréal, dit le président d’Air Canada

Le p.-d.g. d’Air Canada, Calin Rovinescu, devant des agents de bord vêtus du nouvel uniforme
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le p.-d.g. d’Air Canada, Calin Rovinescu, devant des agents de bord vêtus du nouvel uniforme

L’expansion internationale d’Air Canada alimente la forte croissance observée à Aéroports de Montréal depuis quelques années. Si le début de la liaison Montréal-Shanghai, le 16 février, en sera un point culminant, le transporteur national promet d’autres surprises.

« Après Shanghai, ce n’est pas fini. La communauté montréalaise aura encore de quoi se réjouir », a déclaré, sans autres précisions, Calin Rovinescu dans un entretien au Devoir.

Le président et chef de la direction d’Air Canada accueillait médias et invités à Montréal dans le cadre d’un événement pancanadien au cours duquel le transporteur dévoilait ses nouvelles couleurs et nouveaux uniformes. Il a parlé de ces deux à trois dernières années plutôt importantes pour l’activité aéroportuaire de Montréal.

« Nous avons créé un créneau de la francophonie », dit-il, justifiant des dessertes vers Casablanca ou encore Lyon, donne-t-il comme exemple. Évoquant l’essor de Montréal en tant que plaque tournante, il explique que « ce n’est pas qu’une affaire d’ajout de liaisons. C’est aussi une question d’alimentation en passagers » qui, pour Montréal, puise dans le bassin américain. « Toutes les villes veulent qu’on augmente le service. Mais encore faut-il qu’il y ait potentiel et capacités. »

L’exemple de Shanghai

Calin Rovinescu donne l’exemple de la liaison Montréal-Shanghai, qui doit débuter le 16 février et générer un volume de 125 000 passagers en 2017, selon Aéroports de Montréal (ADM). « Chaque liaison est une décision d’affaires, d’investissement. Pour Shanghai, c’est un investissement de 200 millions », illustre le président d’Air Canada.

Selon les données du transporteur, en 2016 seulement, Air Canada a accueilli 8,3 millions de passager à l’aéroport Montréal-Trudeau, soit une hausse de 11,5 % par rapport à 2015. Dans son bilan 2016, Aéroports de Montréal indique que Montréal-Trudeau a eu la visite d’un grand total de 16,6 millions de passagers l’an dernier, en hausse de 6,9 % par rapport à 2015. Autre motif de réjouissance, dit ADM, « le trafic de correspondance a augmenté encore d’un demi-point en moyenne, à 18,8 %, grâce aux efforts des transporteurs pour développer la plaque tournante de Montréal-Trudeau. »

L’élan devrait se poursuivre en 2017. À elle seule, Air Canada affichera l’été prochain une augmentation de 19 % de sa capacité transatlantique par rapport à 2016, « ce qui représente un accroissement de capacité de 81 % sur trois ans ».

L’engagement de la communauté

Les plaques tournantes étant en concurrence l’une contre l’autre, « pour que cela fonctionne, il faut le soutien et l’engagement de la communauté, de la Ville, des autorités aéroportuaires, du monde des affaires, des communautés locales. Il faut un environnement accueillant, ce qui comprend les dimensions fiscalité et coûts des infrastructures », énumère Calin Rovinescu, qui souligne, au passage, le dynamisme du maire de Montréal.

Le président revient sur les dernières intentions du ministre fédéral des Transports visant à assouplir les règles de propriété étrangère afin de favoriser l’arrivée de transporteurs à faibles coûts. « Je n’ai rien contre la concurrence. Elle nous rend toujours plus forts. Mais il faut que les règles soient équitables et qu’il y ait réciprocité. » En ce qui concerne l’annonce du ministre Marc Garneau, il y voit une action unilatérale, asymétrique. « Nous avons au Canada une longue histoire d’échecs » avec ce type d’initiative.

Calin Rovinescu regarde également ce qui se passe au sud de la frontière, avec ces promesses de réduction d’impôt du nouveau gouvernement américain, d’investissements dans les infrastructures et de privatisation potentielle du système de contrôle du trafic aérien. Les coûts supplémentaires de ce côté-ci convainquent toujours plus de voyageurs de s’en remettre à des aéroports américains frontaliers, a-t-il soulevé dans un texte de La Presse canadienne.

Nouvelles couleurs

La nouvelle livrée d’Air Canada présente des appareils délaissant la feuille d’érable stylisée pour reprendre la version encerclée, sur fond noir. Le blanc est dominant sur la carlingue, alors que le noir occupe la place sur les moteurs et sur le ventre des appareils, qui affiche également la feuille d’érable emblématique. La nouvelle image du transporteur national reflète les valeurs canadiennes d’Air Canada et sa portée internationale. Elle est complétée par de nouveaux uniformes et une offre de menus rehaussée. « Dans l’industrie, les changements de couleur et de style se font généralement tous les 10-15 ans. En ce qui nous concerne, le dernier changement remonte à 2004, après notre restructuration », rappelle Calin Rovinescu. La version de 2017 veut envoyer un message contemporain, international, de première classe.


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