L’investissement responsable prend de l’ampleur au Canada

Dans l’ensemble des actifs canadiens sous gestion, 38% des sommes étaient gérées selon des principes d’investissement responsable en 2015.
Photo: Dirk Waem / Belga / Agence France-Presse Dans l’ensemble des actifs canadiens sous gestion, 38% des sommes étaient gérées selon des principes d’investissement responsable en 2015.

Les placements faits en fonction de principes d’investissement responsable au Canada ont fortement augmenté au cours des dernières années et franchi le cap des 1500 milliards, selon le dernier bilan de l’industrie.

De 2013 à 2015, les sommes engagées ont connu une hausse de 49 %, principalement attribuable à l’adoption par les investisseurs institutionnels qui gèrent les grandes caisses de retraite, a indiqué jeudi l’Association de l’investissement responsable du Canada.

L’analyse a été menée avec la collaboration de plusieurs dizaines d’institutions, telles que la Caisse de dépôt et placement du Québec, Manuvie, la Banque Royale, l’Université Simon Fraser, la Banque CIBC, Jarislowsky Fraser, le Fonds FTQ, Desjardins Valeurs mobilières, Fondaction (CSN), Bâtirente et UBS Canada.

Dans l’ensemble des actifs canadiens sous gestion, 38 % des sommes étaient gérées selon des principes d’investissement responsable en 2015, comparativement à 31 % deux ans plus tôt, selon le rapport. Cependant, les deux tiers des établissements financiers affirment qu’ils disposent d’une politique portant sur l’investissement responsable.

Rendement positif

Selon le rapport, la méthode privilégiée consiste à intégrer dans les décisions des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (communément appelés ESG), suivis d’un dialogue avec les entreprises et l’implication actionnariale, et le filtrage positif des sociétés selon le classement qu’elles occupent dans leur secteur.

« Notre enquête démontre que les principales raisons qui motivent l’adhésion aux critères ESG sont la gestion du risque, d’abord, et le respect du devoir fiduciaire », indique le rapport.

L’investissement responsable a longtemps été perçu comme un compromis sur les rendements, mais de multiples études effectuées au cours des dernières années montrent une corrélation positive entre les critères ESG et le rendement des entreprises.

Dans cette perspective, le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles fait valoir que l’investissement dans ce secteur comporte des risques, car ces actifs pourraient éventuellement être « bloqués ». Ses promoteurs évoquent notamment la transition graduelle vers des énergies vertes et le coût — environnemental et financier — d’extraire ces ressources avec des technologies de plus en plus complexes.