Le capital de risque fleurit à Montréal

Si Montréal se trouve derrière la Ville reine, cela ne l’a pas empêchée pour autant d’attirer des investissements d’envergure en 2016.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Si Montréal se trouve derrière la Ville reine, cela ne l’a pas empêchée pour autant d’attirer des investissements d’envergure en 2016.

Les investissements en capital de risque ont poursuivi leur croissance à Montréal au cours de la dernière année, de sorte que la métropole continue d’occuper le deuxième rang à l’échelle nationale, loin derrière Toronto, d’après un rapport publié mercredi.

Au total, 334 millions $US ont été injectés à Montréal dans le cadre de 41 transactions, ce qui représente des augmentations respectives de 8 et 11 %, indique l’enquête MoneyTree, réalisée conjointement par PwC Canada et CB Insights. Sans surprise, c’est Toronto qui continue d’occuper la position de tête, avec des investissements totalisant 578 millions, en hausse de 10 %, et ce, même si le nombre de transactions a fléchi de 4 %, à 87.

« Montréal ne ramasse pas les miettes et ne perd pas de terrain, a souligné l’associée spécialisée en transactions chez PwC, Christine Pouliot, au cours d’une entrevue téléphonique. La métropole demeure en croissance. Toronto est un marché plus grand, il est donc normal que la ville accapare une plus grande part du capital. »

Investissements d’envergure

Si Montréal se trouve derrière la Ville reine, cela ne l’a pas empêchée pour autant d’attirer des investissements d’envergure en 2016, souligne Mme Pouliot. À titre d’exemple, celle-ci évoque la ronde de financement de 100 millions $US effectuée par Dalcor Pharmaceutiques, la transaction la plus importante de la dernière année à Montréal en matière de capital de risque et la deuxième à l’échelle nationale derrière l’entreprise de bracelets connectés Thalmic Labs, qui a obtenu un financement de 120 millions à Waterloo, en Ontario.

Les 61 millions $US obtenus par Hopper et son application mobile destinée aux voyageurs désireux d’obtenir les meilleurs prix possible pour leurs billets d’avion se démarquent également parmi les investissements effectués à Montréal, affirme la spécialiste de PwC.

Au Canada

 

À l’échelle nationale, la valeur des investissements a été de 1,7 milliard, en faible baisse de 0,3 %, mais leur nombre a grimpé de 7 % pour s’établir à 266.

Le portrait canadien contraste avec les tendances observées ailleurs dans le monde, puisque les auteurs du rapport disent avoir constaté que les entreprises financées par du capital de risque ont reçu 100,8 milliards, par l’entremise de 8372 transactions. Cela représente des reculs de 23 et 10 %, respectivement. « Ce que ça envoie comme message, c’est qu’il y a manifestement une reconnaissance dans la capacité d’innover de nos entrepreneurs », estime Mme Pouliot, qui ajoute que près de 40 % des sommes injectées dans des entreprises en démarrage ou en croissance proviennent d’investisseurs étrangers, principalement des États-Unis et de l’Asie.

Une BDC active

 

Par ailleurs, la Banque de développement du Canada a été l’investisseur le plus actif, d’après le rapport, avec un total de 30 transactions, suivie par les 17 transactions réalisées par Innovacorp, établie à Halifax, en Nouvelle-Écosse. La firme montréalaise Real Ventures Capital s’est classée au troisième rang en effectuant 14 transactions.

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