L’emploi a affiché de bons gains au Canada et au Québec en 2016

Comme le nombre de personnes à la recherche d’emploi a progressé, le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 6,6 %.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Comme le nombre de personnes à la recherche d’emploi a progressé, le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 6,6 %.

Le marché canadien du travail a connu une fin d’année prometteuse en enregistrant d’importants gains, mais la croissance de 2016 se distingue par un élément moins encourageant : la montée de l’emploi à temps partiel.

Les employeurs ont créé 153 700 emplois à temps partiel l’an dernier, et à peine 60 400 emplois à temps plein — un nombre si faible qu’il est considéré comme statistiquement insignifiant. Les données de 2016, divulguées par Statistique Canada, montrent un fort contraste par rapport aux résultats des deux années précédentes. L’agence avait fait état de la création de 156 000 emplois à temps plein en 2014 et de 147 000 autres en 2015.

Encouragés

Les experts se sont néanmoins montrés encouragés par la performance du marché du travail dans les dernières semaines de l’année. Les chiffres de l’agence fédérale pour le mois de décembre, aussi dévoilés vendredi, ont témoigné de la création de 81 300 emplois à temps plein — la plus forte hausse de ce genre d’emplois pour un seul mois en près de cinq ans. Le nombre d’emplois à temps partiel a reculé de 27 600 en décembre.

Dans l’ensemble, la croissance des postes à temps partiel a permis au marché d’afficher un gain net de 214 100 emplois en 2016. À travers le pays, l’emploi a progressé de 1,2 % l’an dernier par rapport à 2015, livrant du coup sa meilleure croissance annuelle depuis 2012.

 

« Cela n’a toujours pas changé le portrait pour l’année — plus de 70 % de tous les emplois créés en 2016 étaient à temps partiel », a noté Craig Alexander, économiste en chef du Conference Board du Canada. « Mais décembre a certainement clos l’année du bon pied, en faisant essentiellement miroiter la possibilité que 2017 soit une meilleure année pour le marché du travail. »

Le taux de chômage a progressé à 6,9 % le mois dernier, par rapport à 6,8 % en novembre, parce qu’un plus grand nombre de personnes se sont mises à la recherche d’un emploi. Selon M. Alexander a estimé que la hausse du taux de participation était un signe encourageant puisqu’il signale qu’un plus grand nombre de chercheurs d’emploi sont plus optimistes.

Avec un gain net de 53 700 emplois en décembre, le marché canadien a surpassé les attentes des économistes. Ceux-ci s’attendaient à ce que la croissance reste stable le mois dernier, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Même si les experts rappellent que les données économiques d’un seul mois peuvent s’avérer volatiles, certains ont été pris de court par tous les éléments positifs du rapport de décembre. « Ces chiffres sur l’emploi canadien m’ont laissée bouche bée », a admis Frances Donald, économiste principale pour Gestion d’actifs Manuvie. « Tous les genres de détails que nous voulons voir dans un rapport sur le marché du travail étaient présents — les emplois à temps plein, la hausse du taux de participation, les employés salariés, une croissance élargie de l’emploi. »

Au sujet des chiffres de fin d’année, Mme Donald a indiqué que l’ajout de postes à temps partiel restait préférable à l’absence de croissance tout court. Elle a cependant ajouté que cela signifiait que la qualité des nouveaux postes était moindre que celle des dernières années. Les données de fin d’année ont aussi montré que la plupart des nouveaux emplois de 2016 ont été créés par des employeurs du secteur privé, qui a affiché un gain net de 221 700 emplois, comparativement à 70 600 pour le secteur public.

Forts gains au Québec en 2016

Du côté des différentes provinces, la plus forte création d’emplois — un gain de 3,1 % — a été observée en Colombie-Britannique. Le Québec suivait avec une progression de 2,2 %. Les déclins les plus importants ont été ceux de la Saskatchewan (-1,2 %) et de l’Alberta (-0,8 %).

Quelque 36 100 emplois ont été créés au Québec l’an dernier, un gain complètement attribuable à l’emploi à temps plein. Un total de 53 700 emplois à temps plein ont vu leur jour, pendant que 17 600 postes à temps partiel disparaissaient. Pour le seul mois de décembre, le Québec a vu un total net de 20 400 nouveaux emplois. Comme le nombre de personnes à la recherche d’emploi a aussi progressé, le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 6,6 %. À titre de comparaison, l’emploi en Ontario a peu varié en décembre, et le taux de chômage était de 6,4 %.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a souligné que par rapport à décembre 2015, une variation de 89 500 emplois est observée au Québec (+ 2,2 %) et de 214 100 dans l’ensemble du Canada (+ 1,2 %).

Mais sur l’ensemble de 2016, le Québec compte 4 133 100 emplois, soit 36 100 (+ 0,9 %) de plus qu’en 2015 selon les moyennes de janvier à décembre. « En 2016, la population active québécoise augmente de 14 100 (+ 0,3 %) et le nombre de chômeurs diminue de 22 000 (- 6,5 %). Le taux d’activité se fixe à 64,6 % (- 0,2 point), tandis que le taux de chômage s’établit à 7,1 % (- 0,5 point) », a ajouté l’ISQ.

Sur cet horizon, la croissance de l’emploi s’élève à 1,1 % en Ontario et à 0,7 % dans l’ensemble du Canada comparativement à 0,9 % au Québec. Le taux de chômage annuel de l’Ontario (6,5 %) est inférieur à celui du Canada (7 %) et du Québec (7,1 %).

36 100
Nombre d’emplois créés au Québec l’an dernier
60 400
Nombre d’emplois à temps plein créés au Canada
153 700
Nombre d’emplois à temps partiel créés au Canada
153 700
Nombre d’emplois à temps partiel créés au Canada
1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 6 janvier 2017 22 h 05

    Deux enquêtes...

    «Le taux de chômage a grimpé à 4,7 % en décembre aux États-Unis, même si les employeurs américains ont créé 156 000 nouveaux emplois pendant le mois.»

    Il n'y a aucun lien entre ces deux données (taux de chômage et nouveaux emplois). En effet ces deux données proviennent de deux enquêtes différentes, la première auprès des ménages, la deuxième auprès de employeurs.