Malgré les positions de Trump, BRP n’a pas l’intention de quitter le Mexique

BRP exploite trois usines au Mexique, comme celle de Valcourt (ci-dessus).
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne BRP exploite trois usines au Mexique, comme celle de Valcourt (ci-dessus).

Le constructeur de véhicules récréatifs BRP n’a pas l’intention de plier bagage au Mexique même si le président américain désigné Donald Trump se retire de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Pour l’instant, la société de Valcourt estime que le retour des barrières tarifaires à la frontière mexicaine pourrait lui coûter annuellement entre 20 et 25 millions. « En tant que compagnie, vous trouvez toujours une façon de vous adapter dans les endroits où se trouve votre production », a commenté vendredi le président et chef de la direction de BRP, José Boisjoli, lors d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre. Il estime que l’application de tarifs oscillant entre 1,4 et 2,9 % sur les biens en provenance du Mexique serait gérable.

BRP a mis le pied dans ce pays en 2001 et exploite actuellement trois usines à Juarez et Queretaro, qui comptent quelque 4000 employés, soit 40 % de l’effectif total de l’entreprise. Le constructeur des Ski-Doo, Sea-Doo et Can-Am exporte environ pour 1 milliard de dollars de biens par année depuis le Mexique.

S’adapter

« Le président élu a formulé tellement de commentaires à l’endroit des accords de libre-échange entre les États-Unis et le reste du monde, comme le Mexique, a dit M. Boisjoli. Nous ne les apprécions pas, mais nous allons nous adapter. » Il a affirmé qu’il est pour l’instant difficile de connaître l’approche que compte adopter M. Trump envers le Canada et le Mexique, qui ont fait preuve d’ouverture pour renégocier l’accord de libre-échange signé il y a 25 ans.

Si ses coûts augmentent, BRP pense pouvoir refiler la facture à ses fournisseurs, augmenter ses prix en plus de procéder à un ajustement de certaines de ses activités. Au cours de la conférence téléphonique, le chef de la direction financière, Sébastien Martel, a expliqué aux analystes qu’en dépit de tarifs plus élevés à la frontière, l’entreprise voulait continuer d’avoir accès à des travailleurs qualifiés à faible coût, ce qui l’inciterait à demeurer au Mexique.

Bénéfice de 78,7 millions

Au troisième trimestre, BRP a affiché un bénéfice net de 78,7 millions, ou 70 ¢ par action, en progression de 20 % par rapport à la même période en 2015. Pour la période de trois mois terminée le 31 octobre, ses revenus ont grimpé de 6,9 %, à 1,08 milliard. Ce résultat s’explique par une augmentation des ventes de produits toutes saisons, qui a été contrebalancée par une diminution des ventes de produits saisonniers. « Nous sommes en voie d’atteindre nos objectifs, malgré les incertitudes politiques et économiques mondiales et la forte concurrence du marché », s’est félicité M. Boisjoli.

Abstraction faite des éléments non récurrents, l’entreprise a dégagé un bénéfice ajusté de 104,4 millions, ou 93 ¢ par action, en hausse de 43 %. Pour sa part, le pourcentage de la marge brute a augmenté de 400 points de base, pour atteindre 28,4%, ce qui est attribuable à des ventes favorables de véhicules côte à côte et de motomarines, à des hausses générales des prix et à une fluctuation favorable des taux de change.

BRP a également relevé certaines de ses prévisions pour l’exercice en cours. Son bénéfice ajusté par action devrait varier entre 1,86 $ à 1,96 $, alors que sa prévision précédente faisait état d’une fourchette de 1,82 $ à 1,92 $ par action.

Essaimé de Bombardier en 2003, BRP compte près de 7900 employés.