Alexandre Taillefer n’entend pas en rester aux taxis

L’homme d’affaires Alexandre Taillefer
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir L’homme d’affaires Alexandre Taillefer

Alexandre Taillefer voit grand pour Téo : après le taxi, l’homme d’affaires bien connu veut percer les secteurs du camionnage, de la livraison ainsi que du transport scolaire et urbain afin d’y implanter des parcs de véhicules électriques.

Il pense même que cette expansion permettrait à Téo d’être candidate à un premier appel public à l’épargne dans les 36 à 48 prochains mois afin d’attirer d’autres capitaux. « Nous pensons être en mesure de créer une entreprise dont le revenu annualisé sera de 350 à 400 millions d’ici les 24 prochains mois », a lancé M. Taillefer, mercredi, devant le Cercle finance et placement du Québec.

À l’occasion d’une allocution devant un parterre de gens d’affaires, il a dit anticiper des investissements d’environ 500 millions au cours de la prochaine année et demie qui seront effectués avec des partenaires institutionnels ainsi que d’autres investisseurs. Pour atteindre son objectif, l’associé principal de la société XPND Capital mise sur des acquisitions d’entreprises traditionnelles dans les secteurs visés pour ensuite les accompagner dans leur transition vers un parc électrique de véhicules.

Électricité peu coûteuse

M. Taillefer, qui estime que les inquiétudes de la population entourant l’autonomie des véhicules électriques s’estompent, fait entre autres miroiter les économies générées par l’utilisation de l’hydroélectricité québécoise peu coûteuse. « Nous avons effectué 2,4 millions de kilomètres avec Téo Taxi l’an dernier et seulement cinq voitures se sont retrouvées en panne. Notre facture d’électricité n’a été que de 47 000 $ pour tous ces kilomètres parcourus », a-t-il expliqué. « Pour le taxi, l’essence représente 15 % des dépenses d’exploitation. Pour les camions, c’est entre 30 et 34 % des dépenses qui sont consacrées au carburant. »

Dans l’industrie du camionnage, où l’homme d’affaires vise à la fois la livraison urbaine et longue distance avec des poids lourds, Téo misera d’abord sur un corridor entre Montréal et Toronto. M. Taillefer a dit qu’il annoncerait prochainement une entente avec une grande société afin de tester ce corridor qui sera « 100 % électrique », a-t-il assuré. Bien conscient du temps consacré à la recharge des batteries, l’homme d’affaires propose plutôt leur permutation. « Cela se fera par robotisation. Le camion peut reprendre la route dans un délai d’environ 10 minutes. On s’attend à devoir effectuer deux changements dans le cadre des tests. » Il estime que les premiers camions électriques pourraient faire leur apparition sur les routes d’ici les 18 prochains mois.

Transport scolaire

Pour le transport scolaire, M. Taillefer comptera sur le constructeur d’autobus électriques Autobus Lion — qui compte XPND Capital parmi ses actionnaires — pour procéder à une « réinvention complète » de ce marché. L’homme d’affaires aimerait également proposer un service de transport d’autobus urbain aux municipalités qui n’ont pas les moyens d’en offrir un à leurs citoyens. « On pense que de fournir du matériel roulant électrique permettrait à la société de réaliser des économies. Nous serions aussi en mesure de nous démarquer et de gagner des parts de marché. »

M. Taillefer s’est par ailleurs dit convaincu qu’il ne se vendra pratiquement plus de véhicules à essence ou au diesel dans la province dans environ 10 ans, entre autres grâce aux progrès technologiques effectués avec les voitures électriques.

2 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 17 novembre 2016 07 h 08

    L'homme qui tire plus vite que n'importe quel politicien!

    Celui qui peut nous amener à l'anti-pollution , deux fois plus vite que le Ministère de l'Enironnement, c'est lui. Par sa vision de l'avenir dans le transport public, tout électrique, M. Taillefer pourrait bien réaliser ce qu'aucun Ministre de l'Environnement ne saurait faire en si peu de temps. Des hommes et des femmes d'une telle efficacité ne se voient pas dans le monde politique.

  • Jean Richard - Abonné 17 novembre 2016 13 h 31

    Subvention déguisée

    Pour faire 2,4 millions de kilomètres, le taxi conventionnel à pétrole aura déboursé plus de 80 000 $ en taxes autres que la TPS et la TVQ, taxe qui servent à défrayer le coût des infrastructures routières, de l'entretien de ces infrastructures, taxes qui vont à l'AMT (transports en commun) pour réduire la congestion et taxe qui va dans le fonds vert pour, en théorie, soutient des mesures qui réduisent l'impact sur l'environnement.

    En d'autres mots, en un an, Théotaxi a reçu l'équivalent de 80 000 $ de subventions déguisées, en plus d'une subvention importante pour l'achat de ses voitures à batteries.

    Les camions, de plus en plus gros, détruisent les routes, c'est bien connu, car ils sont très lourds. D'éventuels théocamions, parce qu'ils devraient transporter d'énormes batteries, seraient encore plus lourds et détruiraient encore plus vite les routes sans le moindrement participer aux coûts d'entretien. Il serait pourtant beaucoup plus simple et beaucoup plus efficace d'électrifier les trains de marchandises. Ces trains sont déjà à propulsion électrique, sauf qu'ils transportent une lourde génératrice diesel. Il suffirait de les alimenter par caténaire. Le train n'est pas une solution universelle, mais au point de vue énergétique, il est et de loin, beaucoup plus efficace que le camion. Alors, plutôt que de subventionner le camion, il faudrait peut-être mieux encadrer le ferroviaire.