Desjardins dépasse la barre des 2 milliards

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Le gestionnaire de portefeuille possède comme philosophie de placement de retenir des entreprises qui combattent certaines contraintes et qui se tournent vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le traitement des eaux et le contrôle de la population.
Photo: iStock Le gestionnaire de portefeuille possède comme philosophie de placement de retenir des entreprises qui combattent certaines contraintes et qui se tournent vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le traitement des eaux et le contrôle de la population.

Ce texte fait partie du cahier spécial Finance - Investissement responsable

Desjardins occupe la position de tête dans le domaine des investissements responsables (IR), tant au Canada qu’au Québec. Ce type d’investissement a dépassé la barre des deux milliards de dollars en 2016, et le Mouvement vient de lancer trois fonds qui risquent de faire grimper cette somme substantiellement.

Le Mouvement Desjardins est chef de file au Québec, mais aussi au Canada, annonce Rosalie Vendette, conseillère principale en investissement responsable chez Desjardins. Elle fait savoir que la somme de deux milliards en IR dégage un aspect significatif : « Il faut comprendre que ce montant de deux milliards, c’est de l’épargne des membres et des clients de Desjardins ; il n’y a pas de fonds de pension là-dedans, et ce sont des individus qui investissent. »

Elle fournit un ordre de grandeur ou un comparatif susceptible de mieux mesurer l’attrait de la clientèle à l’égard de l’IR : « Ça représente, au 30 juin dernier, 9 % des avoirs des clients qui nous ont confié leur argent dans des fonds et 20 % des individus qui nous ont choisis pour placer de l’épargne. »

Elle démontre une nette fierté à l’endroit de ces résultats : « C’est impressionnant ! Si on regarde n’importe quel texte de marketing ou courbe graphique de taux d’adoption, on constate que 20 %, c’est tout de même une personne sur cinq, ce qui nous distingue largement par rapport à d’autres comparables au Canada, là où on n’a pas progressé de la même manière, mais vraiment pas du tout. »

Une combinaison gagnante

Desjardins n’a pas lésiné sur les efforts pour en arriver là, assure la conseillère : « On souhaitait y parvenir, et il y a déjà plusieurs années qu’on s’efforce de faire connaître l’investissement responsable, non seulement sur le plan de la commercialisation et des produits, mais aussi beaucoup sur le plan de la sensibilisation ; on dispose et on utilise de nombreuses initiatives éducatives, parce que l’on sait que ce type d’investissement n’est pas très connu. »

Elles ont porté leurs fruits, ces initiatives : « Lorsque les gens découvrent l’IR, ils sont intéressés. On évalue au bout du compte à plus de 50 % le nombre d’individus qui vont vouloir y adhérer, parce que, du moment qu’on est capables de faire la démonstration et de convaincre le client qu’il n’y a pas de perte de rendement, qu’il n’y a aucun sacrifice auquel consentir, tout ce qu’il obtient, c’est un plus qui se traduit comme suit : il se retrouve avec la gestion financière et la gestion extrafinancière, en vertu de laquelle on s’occupe de surcroît des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). »

Et les risques, qu’en est-il ? Sont-ils plus élevés ? « C’est le contraire, et les recherches universitaires tendent à démontrer que c’est un placement moins risqué. La logique est la suivante : lorsqu’on regarde un plus grand ensemble de risques, qui vont jusqu’à ceux d’ordre extrafinancier, qui sont moins traditionnels, cela veut dire une gestion moins risquée. »

Les nouveaux fonds

Fort des succès remportés, le Mouvement propose depuis peu de nouveaux produits à sa clientèle, ce qui constitue « une première canadienne », à son avis. Il y a le « Fonds SociéTerre Obligations environnementales », qui se présente comme le premier fonds canadien à investir dans les obligations environnementales émises par des gouvernements et des sociétés partout dans le monde.

Rosalie Vendette en dégage certaines caractéristiques : « C’est une réponse directe aux enjeux environnementaux et aux défis des changements climatiques ; il s’agit d’obligations qui visent à financer des projets ou des entreprises intervenant uniquement dans ce domaine. Ce sont des titres à l’international dont la portée peut rejaillir dans toutes sortes de collectivités. »

Elle fournit ces exemples : « On parle d’Apple, qui va financer un parc en énergie renouvelable, ou encore de la Ville de Londres et du gouvernement de l’Ontario, qui vont procéder au financement de leur transport collectif. » L’investisseur sera en mesure « d’associer carrément son argent dans la lutte contre les changements climatiques. C’est tout nouveau, et on n’en a pas entendu beaucoup parler au Canada parce que ce véhicule-là n’a vraiment été connu qu’en 2012 ».

Il était auparavant l’apanage de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui avaient développé ce produit financier ; c’est la raison pour laquelle le Mouvement a choisi dans ce cas un gestionnaire de portefeuille basé à Paris, qui investit un peu partout dans le monde.

Mme Vendette se tourne par la suite vers le « Fonds Desjardins SociéTerre Technologies propres ». Il est le premier fonds commun de placement au Canada qui offre aux investisseurs particuliers la possibilité de financer des technologies et des solutions innovantes dans le domaine de l’efficience énergétique et de l’environnement.

Elle en décrit les caractéristiques financières : « Il investit dans des sociétés de petite et moyenne capitalisation un peu partout dans le monde. Sa particularité, c’est que les sociétés sont choisies en fonction des technologies propres. »

Le gestionnaire de portefeuille possède donc comme philosophie de placement de retenir des entreprises qui combattent certaines contraintes et qui se tournent vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le traitement des eaux et le contrôle de la population : « Ce sont des entreprises créatives qui développent des technologies susceptibles d’apporter des solutions à certains problèmes. »

Un autre fonds fait lui aussi son apparition dans la vitrine : le « Fonds Desjardins SociéTerre Actions américaines ». Comme son nom l’indique, il intègre les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans la sélection de titres de compagnies américaines de grande qualité.

Ce tour des étagères achevé, Rosalie Vendette assure que Desjardins déploie toujours « une multitude d’initiatives qui contribuent petit à petit à faire connaître l’investissement responsable ». Jusqu’aux prochains milliards, sans doute.