La classe moyenne goûte enfin à la reprise

Le taux de pauvreté s’est également réduit considérablement en un an mais il reste au-dessus de ce qu’il était en 2007.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Le taux de pauvreté s’est également réduit considérablement en un an mais il reste au-dessus de ce qu’il était en 2007.

Pour la première fois depuis le début de la crise financière il y a huit ans, le revenu médian des ménages américains a augmenté en 2015, même s’il n’a pas encore retrouvé son pic de la fin des années 1990.

Le taux de pauvreté s’est également réduit considérablement en un an mais il reste au-dessus de ce qu’il était en 2007.

Après des années de stagnation et alors que la croissance a été fragile et l’augmentation des rémunérations quasi inexistante dans le sillage de la Grande Récession, ce rapport montre que la reprise semble enfin toucher les finances personnelles des Américains de la classe moyenne.

Selon l’enquête annuelle publiée mardi par le Census Bureau, l’agence de statistiques officielle américaine, le revenu médian aux États-Unis a progressé de 5,2 % en termes réels, tenant compte de l’inflation, entre 2014 et 2015. La pauvreté aussi a baissé : on dénombrait l’an dernier 3,5 millions de personnes de moins qu’en 2014 vivant sous le seuil de pauvreté, soit une baisse de 1,2 point de pourcentage. C’est « le recul le plus important sur un an depuis 1968 » du taux de pauvreté, s’est félicitée la Maison-Blanche dans un communiqué.

Le revenu médian est défini comme le niveau situé entre la moitié des revenus de ceux qui gagnent le moins et l’autre moitié qui gagne le plus. Il reflète donc la situation de la classe moyenne. « C’est la première fois depuis 2007, l’année précédant la dernière récession, que ce revenu médian augmente », a noté le Census Bureau.

Ce revenu reste néanmoins inférieur de 1,6 % à celui de 2007, avant que n’éclate fin 2008 la crise financière déclenchée par les prêts immobiliers à risque. À 56 516 $US en 2015, le revenu médian d’un foyer demeure également de 2,4 % inférieur au pic des revenus qui avait été atteint aux États-Unis en 1999.

Le taux de pauvreté s’est établi à 13,5 % l’année dernière, soit 43,1 millions de personnes. Un ménage de deux personnes est considéré comme vivant sous le seuil de pauvreté quand il dispose de moins de 15 391 $US annuels.

La Maison-Blanche a salué le « progrès remarquable qu’ont fait les familles américaines alors que la reprise se poursuit ». « La solide croissance des emplois et la robuste augmentation des salaires réels cette année suggèrent que les revenus continuent de progresser en 2016 », a ajouté Jason Furman, président du Cercle des conseillers économiques du président Obama. Le taux de chômage qui avait grimpé à 10 % au pire de la récession à l’automne 2009 est tombé à 4,9 % aujourd’hui.

À deux mois de l’élection présidentielle, l’économiste de la Maison-Blanche s’est réjoui dans un tweet : « D’ordinaire, je montre plus de retenue, mais c’est sans équivoque le meilleur rapport qu’on n’ait jamais vu sur la pauvreté, les revenus et l’assurance-santé ».

Assurance maladie

Autre sujet de satisfaction pour le gouvernement démocrate en pleine campagne électorale, l’enquête du Census Bureau a dévoilé une nette baisse des Américains ne bénéficiant pas d’une assurance maladie. La proportion de personnes vivant sans couverture médicale est tombée à 9,1 % en 2015, contre 10,4 % l’année d’avant. Cela correspond à 29 millions de personnes sans assurance-maladie contre 33 millions en 2014. « Chaque État a vu un déclin de son taux de non-assurés depuis 2013 alors que les dispositions de couverture de l’Affordable Care Act[mesures introduites par le gouvernement Obama] ont pris effet », a ajouté l’économiste de la Maison-Blanche.

Par catégorie de population, les progrès de revenus médians ont été pus forts l’année dernière chez les Hispaniques (+6,1 %) que chez les Blancs (+4,4 %). Mais l’avancée des revenus chez les Noirs est encore à la traîne (+4,1 %). Les femmes qui travaillent à plein temps ont vu leurs rémunérations progresser proportionnellement davantage (+2,7 %) que celles des hommes (+1,5 %).

Ces progrès n’ont pas satisfait tout le monde. « Voila encore la confirmation qu’il y a trop d’Américains qui luttent pour faire vivre leurs familles », a déploré le représentant républicain Kevin Brady, président d’une commission financière. « Le gouvernement fédéral dépense des milliards chaque année dans des programmes d’aide aux Américains à faibles revenus mais encore 43 millions de personnes vivent dans la pauvreté », a-t-il affirmé dans un communiqué.

1 commentaire
  • Françoise Labelle - Abonnée 14 septembre 2016 08 h 14

    La médiane et la distribution biaisée

    On utilise la médiane plutôt que la moyenne lorsqu'une distribution est biaisée, dans ce cas en faveur des riches.