Le panier d’épicerie est moins cher chez Walmart et Maxi

L’enquête de «Protégez-Vous» montre notamment que la course aux rabais rapporte peu.
Photo: David Afriat Le Devoir L’enquête de «Protégez-Vous» montre notamment que la course aux rabais rapporte peu.

« La GIGA baisse de prix chez IGA, de la poudre aux yeux », conclut Protégez-Vous. Walmart, Maxi voire Costco remportent la palme du panier d’épicerie le moins cher, ce qui ne les rend pas plus populaires pour autant.

Walmart et Maxi sortent comme les grands gagnants de l’Enquête sur les supermarchés de Protégez-Vous, dont les conclusions sont publiées ce mardi. « En adoptant ces magasins, une famille qui dépense environ 150 $ par semaine à l’épicerie économisera quelque 1000 $ par an », soit l’équivalent de 13 % de la facture annuelle. En appui à cette conclusion, Protégez-Vous a effectué plus de 109 visites chez IGA Extra, Maxi, Provigo Le Marché, Metro Plus, Walmart, Super C et Costco dans six villes du Québec. Le prix d’un panier d’épicerie contenant 49 produits de grandes marques nationales a été comparé. « Résultat : IGA Extra est plus cher que tous les autres supermarchés », poursuit le magazine. Le point faible : les viandes et le poisson, ajoute-t-il.

« Au printemps 2016, IGA lançait en grande pompe son alléchante campagne de baisse de prix. Or, si certains prix ont diminué, d’autres ont augmenté depuis la mise en place de la campagne », ajoute l’Enquête.

IGA avait lancé la première salve en avril. Sobeys annonçait alors une baisse des prix de quelque 8500 articles oscillant entre 5 et 7 %, une stratégie se voulant à coût nul, disait le propriétaire d’IGA. Sobeys avait alors renégocié avec ses fournisseurs en plus d’abandonner sa promotion du cadeau de la semaine, ce qui faisait dire à certains analystes que l’entreprise agissait de la sorte parce qu’elle est la seule parmi les trois grands joueurs à ne pas exploiter de chaîne à bas prix, contrairement à Metro (Super C) et Loblaw (Maxi). La stratégie d’IGA était également accompagnée d’ajustements à la hausse de certains prix.

Metro n’y a pas fait écho, mais Walmart emboîtait le pas au début de mai, un analyste du secteur constatant que le géant de la distribution avait réduit le prix de certains articles dans les sections alimentaires de ses magasins Supercentres. Sans toutefois aller jusqu’à déclencher une guerre du panier d’épicerie. Puis à la fin de juillet, Loblaw disait se préparer à une telle guerre, la plus grande chaîne de supermarchés d’alimentation au Canada voulant rester concurrentielle dans un environnement de faible inflation. La société, qui détient diverses enseignes, dont Loblaw (Provigo au Québec) lutte activement contre la hausse des prix des aliments en s’attaquant au problème au niveau de ses fournisseurs. Plus tôt, Loblaw leur avait transmis une lettre pour les avertir qu’il appliquerait une déduction automatique de 1,45 % sur les prix de toutes les livraisons reçues à compter du 4 septembre. La direction de Loblaw disait toutefois s’attendre à un ralentissement de l’inflation du panier d’alimentation.

Course aux rabais et Costco

Le numéro d’octobre du magazine Protégez-vous atténue également la portée de la course aux rabais. « Notre enquête dévoile qu’un consommateur qui ferait le tour des supermarchés pour profiter des rabais sur tous les articles du panier économiserait à peine 16 $ (marques nationales) ou 10 $ (marques les moins chères) par rapport à ce qu’il paierait en un seul magasinage chez Walmart. » Ce distributeur ne domine pas pour autant. « Le panier de Costco est 5 % moins cher que le panier économique de Walmart » au moment de l’enquête, ajoute l’organisme, qui rappelle toutefois que ces magasins-entrepôt ne tiennent pas tous les articles du panier type. De plus, « il faut être membre pour en profiter […] et être prêt à acheter en grande quantité ».

L’enquête de prix est complétée par un sondage auprès de 3600 consommateurs québécois. « Sans grande surprise, les chaînes qui offrent les meilleurs prix ne sont pas les plus populaires. On leur reproche notamment le peu de choix de produits biologiques, le manque de courtoisie du personnel et le long temps d’attente aux caisses », peut-on lire.

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