Marijuana: les banques prennent leurs distances

Au mois d’août, un nouveau producteur de marijuana médicinale a reçu un appel de la Banque Scotia pour l’avertir que l’institution ne ferait plus affaire avec les entreprises liées au cannabis.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Au mois d’août, un nouveau producteur de marijuana médicinale a reçu un appel de la Banque Scotia pour l’avertir que l’institution ne ferait plus affaire avec les entreprises liées au cannabis.

La Banque Scotia et la Banque Royale du Canada renoncent à fournir des comptes à des entreprises liées au secteur du cannabis, obligeant certains propriétaires à trouver une solution de rechange.

Après une relation d’une dizaine d’années avec la Banque Scotia, le propriétaire de Hemp Country Nathan MacLellan dit avoir reçu une lettre de l’institution financière l’informant que son compte avait été fermé. Le commerce situé à Woodstock, en Ontario, vend des articles liés à la marijuana, dont des pipes et des pipes à eau — mais pas la substance elle-même, assure M. MacLellan.

Le propriétaire juge « insultant » de se faire traiter ainsi alors que le gouvernement fédéral envisage la légalisation du cannabis. Des cas semblables ont aussi été signalés à la Banque Royale.

Gestion de risques

Le porte-parole de la Banque Scotia Rick Roth a expliqué dans un courriel que l’institution souhaite « gérer les risques judicieusement tout en prenant des décisions prudentes d’affaires ». « C’est pourquoi la banque a pris la décision de fermer les comptes existants de petites entreprises et de proscrire l’ouverture de nouveaux comptes pour des clients classés comme des entreprises liées à la marijuana », a-t-il ajouté.

La Banque Royale a également confirmé qu’elle ne fournissait plus de services bancaires à des entreprises « impliquées dans la production et la distribution de cannabis ».« Nous confirmons que cela fait partie de nos pratiques d’affaires. La banque revérifie périodiquement les relations avec ses clients en fonction de plusieurs facteurs afin de mesurer les bénéfices et les risques associés à ces services bancaires », a écrit le porte-parole de la banque, AJ Goodman, dans un courriel.