La morosité au Québec se prolonge

Le Québec doit conjuguer avec des résultats plus faibles attendus aux États-Unis et avec des inquiétudes grandissantes concernant l’économie mondiale en ces lendemains de Brexit.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le Québec doit conjuguer avec des résultats plus faibles attendus aux États-Unis et avec des inquiétudes grandissantes concernant l’économie mondiale en ces lendemains de Brexit.

La morosité économique va se poursuivre au Québec avec un PIB nominal appelé à plomber davantage les finances publiques. La croissance prévue du PIB réel est donc légèrement revue à la baisse dans un nouveau scénario anticipant également une inflation plus faible.

Dans ses prévisions dévoilées jeudi, le Mouvement Desjardins ramène sa cible de progression du PIB réel pour le Québec de 1,3 à 1,2 % cette année, de 1,8 à 1,7 % en 2017. Les économistes de l’institution ajoutent que « le taux d’inflation évolue également plus lentement qu’anticipé. La hausse de l’indice des prix à la consommation devrait atteindre seulement 1 % au Québec cette année », pour remonter à 1,7 % en 2017.

À titre de comparaison, dans le plan économique du Québec de mars 2016, le gouvernement tablait sur une croissance réelle de 1,5 % en 2016 et sur une progression du PIB nominal de 3,2 %. Les cibles respectives pour 2017 sont de 1,6 et de 3,3 %. On misait sur des facteurs extérieurs, soit sur « les effets stimulateurs de la baisse des prix de l’énergie et du dollar canadien ».

Dans son commentaire, Desjardins retient qu’« au Québec, les exportations et les investissements des entreprises ont manqué de vigueur en première moitié de 2016. La croissance économique annualisée a tout de même atteint 2 % au premier trimestre grâce à la solide contribution des dépenses des ménages ». Mais cette dernière contribution « semble s’être estompée, de sorte que le PIB réel marquera une pause au deuxième trimestre ».

Ainsi, le Québec doit conjuguer avec des résultats plus faibles attendus aux États-Unis et avec des inquiétudes grandissantes concernant l’économie mondiale en ces lendemains de Brexit. À cette dernière échelle, Desjardins entrevoit une croissance du PIB mondial tombant sous les 3 % (à 2,9 %), pour remonter de 3,3 % en 2017. « Les effets négatifs du référendum britannique sur la confiance des entreprises font en sorte que la croissance économique de plusieurs pays est revue à la baisse à court terme. »

Au Canada, « les effets néfastes des [incendies] de forêt en Alberta ont fortement entravé la croissance économique en mai et le PIB réel par industrie a diminué de 0,6 % pour l’ensemble du pays. Malgré le rebond attendu en juin, l’ensemble du deuxième trimestre devrait se solder par un recul d’environ 1,5 % du PIB réel ». Pour l’ensemble de 2016, l’augmentation du PIB canadien ne devrait être que de 1,2 %. C’est l’Ontario qui domine avec une poussée de croissance attendue de 2,5 % cette année.